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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 03:07
par aisyk
Suite du débat avec L.Kratz et Sylvinus :
http://forum.culturelibre.net/viewtopic ... d=285#p285

(je l'ai fait sortir de son trou !) :D

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 11:33
par Tsunami
Tien j'avais pas vu ca moi ...
nitromthemetronome a écrit :Les artistes qui ne demandent aucune rétribution ont droit à mon respect, jusqu'à ce que je découvre que leur financement vient d'ailleurs, de papa et maman, d'un emploi de fonctionnaire titulaire ou encore d'un boulot bien payé dans le privé...
Alors, moi, je suis le mec fonctionnaire titulaire...et je pense que nitrom n'as pas tout compris, ou alors c'est tres mal expliqué, je ne comprend pas pourquoi un artiste, qui travail en dehors de la musique, un vrai travail quoi ;) , n'a pas le droit a autant de respect qu'un autre qui toucherai le chomage ou un qui vivrai de sa musique entierement !!..alors la...j'en reste sur le cul :?: :?:

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 12:16
par aisyk
Peut-être que sa démarche n'est pas considérée comme 100% pure... ?!?
Mais la valeur artistique ne dépend pas des moyens de subsistances d'un artiste.

C'était une boutade évidemment... :D
Mais un artiste qui rentre dans un schéma "100% je vis de ma musique" voit peut-être plus de réalités que celui qui n'a pas se soucier du remplissage de son compte en banque. c'est une autre manière de voir les réalités de chacun. Mais sur la thématique "comment gérer mes droits", les deux peuvent avoir des divergences qui s'expliquent par leur vision de la musique et d'en vivre.

98% des écrivains ne vivent pas de leur art... selon Bernard Lahire, La Condition des Ecrivains. Ils n'ont pas de Sacem pour eux, et les utilisations d'un texte sont différentes de celles de la musique mais cela pose des questions sur l'artiste est-il fait pour vivre de son art ? Est-ce possible, souhaitable ?

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 13:16
par dana
heu Aysik, les écrivains touchent aussi des droits d'auteur
le monde de l'édition littéraire étant ce qu'il est, c'est même une source de revenus majeurs. Et le système est assez comparable à celui de la musique (pour les gros vendeurs, il y a des avances sur le prochain livre, des contrats sur plusieurs livres, etc.)
jette un oeil sur ces interviews :
http://www.vacarme.eu.org/article824.html

Pour ce qui est de vivre à 100% de la musique, je crois qu'il faut vraiment expliquer leschoses clairement
à part une poignée de gros vendeurs - les x% des sociétaires de la sacem qui touchent le SMIC en droits d'auteurs (le chiffre est toujours très compliqué à avoir : mais il, semblerait que ce soit autour de 10%
j'avais par contre obtenu un chiffre comme quoi 60% des sociétaires de touchaient absolument rien
la situation française est compliquée du fait qu'il existe un statut spécial dont bénéficie les musiciens (et bien d'autres) : l'intermittence du spectacle (qui n'existe pas ailleurs, ou alors de manière très différente)
Pour être clair, très peu d'artistes vivent de la commercialisation de leurs oeuvres.
Après si on élargit le panel "artistes" à des gens qui pratiquent la musique de manière professionnelle, on va trouver des tas de gens qui ne sont pas forcément des "créateurs d'oeuvres" au sens strict (c'est-à-dire qui ne sont pas rémunérés en tant qu'auteurs) : mais qui pratiquent des activités éventuellement liées à la création de spectacle, de disques, à l'enseignement de la musique, et tous les "techniciens", etc.. Ceux là touchent des cachets sur leurs interventions, et en cas de non activité durant une certaine période perçoivent éventuellement un revenu de susbstitution octroyée par le régime d'assurance chomage (l'intermittence).
Disons que la plupart vivent aux alentours d'activités liées à la musique.. mais on ne peut pas dire qu'ils vivent de leur création en tant qu'auteur.

Dans la plupart des autres pays, les musiciens et les artistes ne bénéificient pas d'un statut particulier. Donc beaucoup travaillent évidemment. Chez mes amis "américains", et chez pas mal d'amis français ou belges tu as toutes sortes de situation. Je parle ici de personnes pour qui la musique représente vraiment un but primordial dans l'existence (ce n'est pas mon cas par exemple). Je peux te lister quelques situation :
ingéneur en aéronautique, traducteur, pas mal d'enseignants, et d'étudiants, pas mal de chomeurs et de rmistes, pizzaiolo, veilleur de nuit, professeur d'université, et même un trader en bourse :)

vivreà 100% de la musique (en tant qu'auteur ou interprète) est un mythe, une invention romantique ;: il serait temps de s'en débarasser à mon avis. les choses sont beaucoup plus simples et mieux vécues quand on oublie ce genre de perspective illusoire : ou alors : faut faire de la variété française et devenir Raphaël, Zazie, Obispo ou Goidman : mais y'a du boulot hein ! C'est pas si simple quand même..

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 15:48
par bituur
chiffres du rapport d'activité de la sacem 2005 (ou 2004) :

2,75% des sociétaires touchent 10 000€ ou plus : 3000 sociétaires sur 109 000 annoncés.
ensuite, 9000 sociétaires touchent entre 1000 et 10 000 ;
30 000 touchent entre 20 et 1000 ;
67 000 touchent entre 0 et 20.

ce qui donne autre pourcentage, 7% des 42000 ayant perçu qq chose, perçoivent plus de 10 000 (ce qui est moins que le smic, par ailleurs) . de toute façon en dessous des 10%

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 16:50
par -banni-
Alors, moi, je suis le mec fonctionnaire titulaire...et je pense que nitrom n'as pas tout compris, ou alors c'est tres mal expliqué, je ne comprend pas pourquoi un artiste, qui travail en dehors de la musique, un vrai travail quoi Clin d'oeil , n'a pas le droit a autant de respect qu'un autre qui toucherai le chomage ou un qui vivrai de sa musique entierement !!..alors la...j'en reste sur le cul
Tu as raison, je vais préciser le contexte :

Je parle de gens qui la ramènent et donnent des leçons sur la souffrance de l'artiste et qui compare la création à l'évacuation d'un étron énorme un jour de crise d'hémorroïdes aigue.
( c'est une nouvelle image pour arrêter de comparer la création à un accouchement
:twisted: )

Derrière les donneurs de leçons, quelques fois, on découvre des gens qui n'ont d'autres soucis dans la vie, que de savoir comment occuper leurs loisirs ou comment faire du lien social qui pourrait valoriser leur égos.

Ces gens se font appeler artiste et veulent leur part de fantasme et de souffrance....pour ceux-là, je n'ai aucun respect.
Aprés que certains d'entre vous soient fonctionnaires ou travaillent à la chaîne ou encore touchent le rmi, comme moi, ou se fassent entretenir par une mamie, ce n'est pas mon problème...

Personnellement, en tant qu'artiste, je ne souffre pas spécialement.

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 16:58
par -banni-
LKratz a écrit :
Jamendo va perdre dans les 100.000 euros en 2006. Jamendo est sur le point de lever de l'argent auprès d'investisseurs institutionnels.
CA, ça me met sur le cul !

Dans un pays où l'impôt est un mot de langue étrangère !
Dans une entreprise qui commercialise une matière première qui ne coûte rien !

100 000 euros !

Evidemment il me manque des infos pour comparer mais ça me paraît énorme.

Sinon, depuis quand les sociétés privés peuvent-elles demander aux institutionnels d'investir dans leur activité ?

Je croyais qu'il y a avait des lois Européennes interdisant la concurrence faussée.

Enfin dernière question :

Il y a un ministère de la culture au pays du paradis fiscal ?

Tellement de question se bousculent dans ma tête .....

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 17:57
par dana
oui :
Jamendo est sur le point de lever de l'argent auprès d'investisseurs institutionnels.
moi aussi le mot "institutionnel" me fait frémir
parce qu'en gros ça veut dire : "nos impôts" :)
je fais mon populiste démagogue là, mais bon..

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 18:02
par bituur
pas forcément : "investisseurs institutionnels" (les fameux "zins-zins" en louchebem de boursiers) c'est les "gros investisseurs classiques" je crois, pas forcément publics... au luxembourg, bon, je sais pas..

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 26 nov. 2006, 18:41
par aisyk
Leurs débuts de Jamendo :
Ce sont des fonds publics du Luxembourg qui leur ont permis de vivre pendant 2 ans (dixit Sylvinus, LK...). Maintenant ils ne trouvent pas leur modèle économique, leur fameuse "3e voie", ils virent une personne, Amélie, en juin et ils se font rallonger leurs subventions par je ne sais quel imbroglio.

Je leur donne encore 2 ans comme ça... :roll: