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Re: SOUN music

Publié : 23 févr. 2010, 18:01
par dana
T'inquiète pas je suis au courant. Et oui ça se développe depuis un moment, mais je parle plus de pérennisation de ce types d'initiatives, qui restent assez peu nombreuses à mon goût. La plupart des labels qui se créent passent par la Sacem... L'utilisation des licences libres restent quand même assez marginale. Et je dis donc, avec optimisme, que les initiatives comme pragmazic tendent à se développer.
mouais
enfin pragmazic c'est pas un "label" au sens traditionnel du truc
en fait pragma est plutôt une sorte de "surcouche' (je cause l'informatique là :) qui travaille avec d'autres labels et les aide à faire connaître leurs prods (et qui accueillent aussi quelques artistes non signés)
d'autre part il existe depuis un bon bout de temps (à l'échelle du net un "bon bout de temps" = une dizaine d'années, vu qu'avant, la music online c'était pas posible et les licences libres c'était pas trop développé) des labels indépendants (du big bisness) qui bosse avec des licences libres. Je n'ai pas l'impression que ça se soit spécialement développé.. En France on en comptait une bonne quinzaine dans la première moitié de la dernière décennie. Est-ce qu'il y en a plus maintenant ?
tu as beaucoup plus de "netlabels" évidemment.. c'est-à-dire de toutes petites structures qui n'investissent pas grand chose à part un espace web - donc rien à voir avec le boulot traditionnel des labels au sens "historiques" (production, promotion, montage de tournées live, pressage etc etc et surtout : psychologie au quotidien de ces putains d'artistes névrosés ou border line narcissiques :)
Il en reste bien sûr.. Mais est-ce que le nombre de labels ou netlables travaillant sous licence libre (exclusivement ou pas) a augmenté ? ça demande à être vérifié (une petite recherche sur le net pourrait aider).. En France en tous cas, je crains que non.
Déjà, licence libre ou pas, le moyen traditionnel de subsistance de ces structures, la vente d'objets (à commencer par le cd) est en voie de disparition. Et il reste toujours cette idée stupide qui traîne dans un coin du cerveau des médias, de la presse spécialisée, et probablement d'une partie du public : si c'est pas payant et sacemisé, alors ça doit être un truc d'amateur.. ça je crois pas qu'on en soit vraiment sorti.. On voit des trucs aberrants (dans nos campagnes mais pas que) : on préfère payer des musicos complètement has been ou professionnels et sacemisés à 2000 euros la soirée plutôt que choisir des musicos sous LLD qui prendraient facilement le quart de ce prix pour une qualité tout à fait comparable.. Juste parce que c'est louche des mecs qui prennent moins chers et qui sont pas à la sacem ou dont on peut télécharger les morceaux gratos..

Avec le recul, et malgré le succès des creative commons et autres jamendo like, je n'ai pas le sentiment que les choses aient vraiment changé
mais si tu as des données plus fiables que les miennes (qui sont fondées sur une impression et quelques pointages rapides de temps à autres, une sorte de veille internet) je suis curieux de les lire.

Re: SOUN music

Publié : 23 févr. 2010, 23:47
par aisyk
Sur le nombre de netlabels en activité, je dirai volontiers qu'il en existe plus ajd, mais qu'ils sont peut être moins visibles sur dogmazic qu'auparavant. Ils fonctionnent plus avec les outils de "social-networking" (style facebouc et myspountz), et leur temps étant non extensible, ils se concentrent sur ces outils là. Autre donnée aussi, j'ai l'impression qu'ils sont moins derrière la course à la "visibilité", mais plus à la course à la création de réseau...

Le réseau européen "Netaudio", par exemple, qui se structure en France, est super intéressant :
http://www.hooseek.com/web?recherche=netaudio

Je pense qu'il faille chercher ailleurs nos sources d'infos aujourd'hui que sur Dogmazic et nos sources traditionnelles, on a une fenêtre réduite et qui s'est réduite avec le temps aussi. Les façons d'appréhender les licences libres et leur diffusion changent me semble-t-il...
D'une certaine manière, comment trouver des labels sur Jamendo, une plateforme qui favorise et ne met en avant que les artistes en solo ? il y a eu des tentatives, mais pas très pérennes...

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 00:07
par dana
oui
tu pointes un truc qui me paraît très juste, mais alors là je suis un pur has been.. l'importance des "réseaux" dits sociaux dans l'activité des "netlabels" (et peut-être des autres labels aussi). je suis en retard de deux trois ans :)
en fait, je dirais que plus ça va, plus je fonctionne à l'ancienne, à l'époque où pour diffuser sa musique, fallait créer soi-même son site web (y'avait pas de plate-forme style dogmazic, et encore moins de myspace et tout le barzouingue)
donc c'est un retard de dix ans (mais je m'en fous, avec zéro pub, mais vraiment zéro.. à part peut-être un message sur le forum de dogma ou linux mao, et encore..) mon dernier truc a été élu par un webzine deuxième album de l'année dernière.. donc.. pas la peine d'en faire des tonnes hein.. ça viendra quand ça viendra si ça vient et si ça vient pas ben c'est po grave..

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 09:08
par ChristopheE
De toutes façons il existera toujours l'opposition entre les tenants du grand mensonge de la rémunération par le négoce d'espace publicitaire en contre partie d'une pseudo visibilité pour les artistes et une encore plus fausse "gratuité" pour les internautes et les autres, ceux qui tentent de mettre en place des réseaux de diffusion sans la pollution de la "réclame" au milieu, (on peut aussi appeler ça du sponsoring, du mécénat entreprenarial à vocation communicante, ça reste de la pub de base).

Concernant Pragmazic.net, cela n'a jamais été un label (je cause ici en tant que co-fondateur hein), c'est une plateforme de distribution qui a une certaine ligne sélective, comme magnatune par exemple ou d'autres.
Mais tout comme dogmazic.net, PAS DE PUB (vous savez comme c'est marqué sur les boites aux lettres...).
Maintenant on discute de plus en plus d'une ouverture totale aux autoproduits avec deux approches, une approche "Label" originelle et une approche "autoprod" mais qui restera de toutes façons sujette à une ligne sélective.
Et si cette ouverture se fait ce sera bien par manque de Labels "sérieux" (c'est à dire autre chose qu'un gars qui mixe deux titres et qui s'autoproclame label du siècle, et je sais de quoi je cause) dans le libre (ou chez les autres d'ailleurs).

Enfin, le fond du débat (à titre perso ce coup ci) reste la volonté ou non de d'inventer des systèmes de rémunérations originaux autour des cultures libres (pour ceux qui le souhaitent) plutot de que simplement singer les systèmes existants.
Malheureusement on en est, depuis 2005 toujours au même point et c'est affligeant .
Chacun y va de sa "solution micracle", "sa 3ème voie" mais rien n'avance vraiment, c'est nul.
Tant de multiplications d'initiatives pour arriver au final à une assimilation du libre dans les cultures industrielles comme simple faire-valoir "amateur", ou comme réservoir de contenu sois disant "gratuit" négociable pour les espaces pub, c'est vraiment pas la vision que j'avais en 2004-2005 mais c'est pourtant ce qui se passe dans les faits
Donc un grand bravo à tous, plateformes à la con, pseudos acteurs du libres, artistes en mal de "visibilité" et publics qui s'en contre-carent.
Faudra pas se plaindre quand le CPI sera amendé et que la gestion collective deviendra obligatoire, hein, surtout pas.

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 12:08
par Tzitzimitl
Tss... faut pas désespérer comme ça, les combats politiques ça prend du temps, bien plus que 5 ans en tous cas !

Les radios libres ? Boh pour les autoriser il aura suffit de 10 ans (début 70's-1981) et d'un an pour les foutre en l'air avec l'autorisation de la pub

La journée de 8 heures ? 53 ans (1866-1919), abolie pendant la 2de guerre mondiale et de moins en moins respectée de nos jours

Le droit de grève ? 73 ans (1791-1864) et limité récemment

La liberté de la presse ? 89 ans (1792 - 1881), sans compter tout l'ancien régime, ni les retours en arrière lors des deux guerres mondiales et de la guerre d'algérie

Le droit de vote des femmes ? 153 ans (1791 - 1944)

Et ainsi de suite...

Les combats politiques ne sont perdus que quand on les abandonne, courage !

Pour revenir au sujet, pour que le CPI soit amendé et rende obligatoire la gestion collective, il faudrait que la France sorte de la Convention de Berne, qui avait pourtant basé son modèle sur le droit français... Même si un fou dangereux osait faire ça ça ne pourrait pas durer longtemps sous la pression internationale.

C'est d'ailleurs (entre autres) sur la pression internationale qu'on peut compter pour faire évoluer les choses en notre sens, car la SACEM a un monopole légal sur la gestion des droits des artistes étrangers. Or les œuvres anglo-saxonnes sous licence libre vont se multiplier puisque contrairement à nous ils n'ont pas de SACEM pour les empêcher d'utiliser les LL. Ça veut dire que déjà actuellement et de plus en plus, la SACEM va être obligée de défendre les droits d'auteurs diffusant sous LL, et il finira par arriver un moment ou elle ne pourra plus refuser aux français ce qu'elle fait pour les artistes étrangers. Et si la SACEM cède, tous les blocages cèdent.

Et s'ils ne cèdent pas, il sera toujours temps de créer une ou plusieurs sociétés d'auteurs alternatives n'exigeant pas l'exclusivité et/ou acceptant de gérer les LL.

La lutte continue camarade !! :)

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 12:12
par __sam
"La lutte continue camarade !!:)"
et en tant que camarade, je préfère notre droit d'auteur au copyright, du coup, l'assimilation des LLD via le Copyright, c'est pas pour me rassurer l'avenir.
J'ai l'impression que contrairement aux radios libres, avec les licences libres, on a pas eu les 10 de parenthèse enchantée.

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 13:09
par suppr4046
Tzitzimitl a écrit :[...]
Les combats politiques ne sont perdus que quand on les abandonne, courage !
2x d'accord même si parfois on souffle un peu.
Tzitzimitl a écrit :[...]
Pour revenir au sujet, pour que le CPI soit amendé et rende obligatoire la gestion collective, il faudrait que la France sorte de la Convention de Berne, qui avait pourtant basé son modèle sur le droit français... Même si un fou dangereux osait faire ça ça ne pourrait pas durer longtemps sous la pression internationale.

C'est d'ailleurs (entre autres) sur la pression internationale qu'on peut compter pour faire évoluer les choses en notre sens, car la SACEM a un monopole légal sur la gestion des droits des artistes étrangers. Or les œuvres anglo-saxonnes sous licence libre vont se multiplier puisque contrairement à nous ils n'ont pas de SACEM pour les empêcher d'utiliser les LL. Ça veut dire que déjà actuellement et de plus en plus, la SACEM va être obligée de défendre les droits d'auteurs diffusant sous LL, et il finira par arriver un moment ou elle ne pourra plus refuser aux français ce qu'elle fait pour les artistes étrangers. Et si la SACEM cède, tous les blocages cèdent.
Démonstration intéressante ; c'est une chose à fouiller sur laquelle je n'avais jamais réagis. Mais entre le droit, les lois et les faits y un delta important. C'est souvent l'aboutissement de démarches juridiques qui contraint à ce que la loi soit vraiment suivie et qui pousse la réalité à être cohérente avec les textes.

Aussi, la possibilité, ou la force de loi donc, de l'intégration des LL dans un système de gestion collective en fait bondir plus d'un.
Tzitzimitl a écrit :[...]
Et s'ils ne cèdent pas, il sera toujours temps de créer une ou plusieurs sociétés d'auteurs alternatives n'exigeant pas l'exclusivité et/ou acceptant de gérer les LL.
Là tu touches quelque chose de tabou. Pour certains, le terme "sociétés d'auteurs" est un vilain mot voir le diable ; appréhension compréhensible de "créer un autre monstre".
question au sujet du "monopole légal sur la gestion des droits des artistes étrangers."
Je vais relire mon code de manière poussée.
Cela voudrait il dire que l'on doit déclarer toute exploitation (droit représentation ou de reproduction) des droits des artistes sous LL étranger auprès de la sacem pour avoir les accords et qu'elle puisse vérifier le respect des termes de la licence choisie par l'artiste?

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 13:19
par aisyk
eisse, Tzitsimitl,

Vous oubliez une chose, la Sacem est l'une des rares société d'auteurs a inscrire nominativement ses auteurs. La plupart des autres (et surtout américaines), inscrivent leurs auteurs au titre. Aux US, ça ne pose pas de soucis qu'un auteur ait déposé 40 ziks dans une société d'auteurs, et 4 en LL, c'est légal.

Est-ce que la Sacem fait le distingo quand elle doit gérer des artistes étrangers ? Pas sûr en tout cas.
De plus il me semble que la Sacem a obligation de traiter avec les sociétés d'auteurs étrangères pour gérer les droits de ces sociétés sur le sol français, mais pas obligation de gérer les droits. Et avec l'Europe qui a récemment ouvert la possibilité pour les auteurs de s'inscrire dans une société européenne, pas si sûr que ce doit soit bien défini en fait. Une relecture du CPI est effectivement à faire :)

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 13:56
par suppr4046
Tzitzimitl,

au sujet "du monopole légal sur la gestion des droits des artistes étrangers", j'ai parcouru le CPI et la convention de berneet ne suis tomber que la dessus.

As tu des articles qui spécifieraient plus précisément ce monopole légal?

Car au sujet des artistes étrangers je ne suis tombé que là-dessus.

Code de la propriété intellectuelle :
Article L111-4
Sous réserve des dispositions des conventions internationales auxquelles la France est partie, dans le cas où, après consultation du ministre des affaires étrangères, il est constaté qu'un Etat n'assure pas aux oeuvres divulguées pour la première fois en France sous quelque forme que ce soit une protection suffisante et efficace, les oeuvres divulguées pour la première fois sur le territoire de cet Etat ne bénéficient pas de la protection reconnue en matière de droit d'auteur par la législation française.

Toutefois, aucune atteinte ne peut être portée à l'intégrité ni à la paternité de ces oeuvres.
Article L511-11
Sous réserve des dispositions des conventions internationales auxquelles la France est partie, l'étranger qui n'est ni établi ni domicilié sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté européenne ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen bénéficie des dispositions du présent livre à condition que son pays accorde la réciprocité de la protection aux dessins ou modèles français.

Convention de Berne

Article 6
Possibilité de restreindre la protection à l’égard de certaines œuvres des ressortissants
de certaines œuvres des ressortissants, de certains pays étrangers à l’Union:
1. Dans le pays de la première publication et dans les autres pays; 2. Non-rétroactivité; 3. Notification

(1) Lorsqu’un pays étranger à l’Union ne protège pas d’une manière suffisante les œuvres des auteurs qui sont ressortissants de l’un des pays de l’Union, ce dernier pays pourra restreindre la protection des œuvres dont les auteurs sont, au moment de la première publication de ces œuvres, ressortissants de l’autre pays et n’ont pas leur résidence habituelle dans l’un des pays de l’Union. Si le pays de la première publication fait usage de cette faculté, les autres pays de l’Union ne seront pas tenus d’accorder aux œuvres ainsi soumises à un traitement spécial une protection plus large que celle qui leur est accordée dans le pays de la première publication.

(2) Aucune restriction, établie en vertu de l’alinéa précédent, ne devra porter préjudice aux droits qu’un auteur aura acquis sur une œuvre publiée dans un pays de l’Union avant la mise à exécution de cette restriction.

(3) Les pays de l’Union qui, en vertu du présent article, restreindront la protection des droits des auteurs, le notifieront au Directeur général de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (ci-après désigné «le Directeur général») par une déclaration écrite, où seront indiqués les pays vis-à-vis desquels la protection est restreinte, de même que les restrictions auxquelles les droits des auteurs ressortissant à ces pays sont soumis. Le Directeur général communiquera aussitôt le fait à tous les pays de l’Union.

Re: SOUN music

Publié : 24 févr. 2010, 14:15
par matmix
ChristopheE a écrit : Concernant Pragmazic.net, cela n'a jamais été un label (je cause ici en tant que co-fondateur hein), c'est une plateforme de distribution qui a une certaine ligne sélective, comme magnatune par exemple ou d'autres.
Mais tout comme dogmazic.net, PAS DE PUB (vous savez comme c'est marqué sur les boites aux lettres...).
Maintenant on discute de plus en plus d'une ouverture totale aux autoproduits avec deux approches, une approche "Label" originelle et une approche "autoprod" mais qui restera de toutes façons sujette à une ligne sélective.
Et si cette ouverture se fait ce sera bien par manque de Labels "sérieux" (c'est à dire autre chose qu'un gars qui mixe deux titres et qui s'autoproclame label du siècle, et je sais de quoi je cause) dans le libre (ou chez les autres d'ailleurs).
Une question sans rien derrière, pas de reproche, etc :wink: :
J'ai jamais vraiment compris comment Pragmazic fonctionnait pour son catalogue.
N'ayant pas de label (et c'est pas bien grave ça), je suis donc dans la catégorie autoproduite.
Qu'est-ce qui génère mon apparition au catalogue :
- Une découverte de votre part, avec prise de contact et proposition de figurer au catalogue ?
- Une prise de contact de ma part dans le but de figurer au catalogue et ensuite une appréciation de votre part, se terminant par une sélection ou un rejet ?