Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc
Publié : 28 nov. 2006, 22:13
bon, il appert comme presque quasiment nécessaire de relancer la discussion un peu sérieusement ; ça évanesce par trop futilement, là. donc, je propose :
"On s'est demandé si la connaissance d'une époque, de toute l'histoire d'une époque donnée, est nécessaire au jugement esthétique; or elle l'est certainement car, comme nous le savons, la création poétique présuppose toutes les autres formes de l'esprit qui la transforment en image lyrique et chaque création esthétique présuppose toutes les autres créations à un moment historique donné (passions, sentiments, coutumes, etc.). A partir de là, on voit également combien sont dans l'erreur tant les partisans d'un pur jugement historique de l'art (les historicistes) que ceux d'un pur jugement esthétique (les esthétisants) ; car les premiers veulent voir dans l'art tout le reste de l'histoire (conditions sociales, biographie de l'auteur, etc.) au lieu de voir, en même temps et surtout, l'histoire propre à l'art, et les seconds veulent juger l'oeuvre d'art en dehors de l'histoire, c'est-à-dire en la privant de son authenticité et en lui donnant une signification imaginaire ou en la comparant avec des modèles arbitraires. Finalement une sorte de scepticisme s'est manifesté quant à la possibilité d'entrer dans un rapport de compréhension avec l'art du passé : scepticisme qui, en ce cas, devrait s'étendre à tous les autres domaines de l'histoire (celui de la pensée, de la politique, de la religion, de la moralité) et qui se réfute lui-même par une réduction à l'absurde parce que l'art et l'histoire que l'on dit modernes ou du présent sont « passés » au même titre que l'art et l'histoire des époques les plus reculées, comme eux, redeviennent présents mais seulement dans l'âme qui les ressent et dans l'intelligence qui les comprend. Qu'il y ait par ailleurs des oeuvres et des époques artistiques qui nous restent obscures, signifie seulement qu'actuellement les conditions pour les revivre de l'intérieur et pour les comprendre nous font défaut de même que les idées, les coutumes et les actions de tant de peuples et de périodes. L'humanité comme l'individu se souvient de certaines choses et en oublie beaucoup d'autres sauf en en réactivant le souvenir quand le cours de son développement spirituel l'y amène."
ok ?
"On s'est demandé si la connaissance d'une époque, de toute l'histoire d'une époque donnée, est nécessaire au jugement esthétique; or elle l'est certainement car, comme nous le savons, la création poétique présuppose toutes les autres formes de l'esprit qui la transforment en image lyrique et chaque création esthétique présuppose toutes les autres créations à un moment historique donné (passions, sentiments, coutumes, etc.). A partir de là, on voit également combien sont dans l'erreur tant les partisans d'un pur jugement historique de l'art (les historicistes) que ceux d'un pur jugement esthétique (les esthétisants) ; car les premiers veulent voir dans l'art tout le reste de l'histoire (conditions sociales, biographie de l'auteur, etc.) au lieu de voir, en même temps et surtout, l'histoire propre à l'art, et les seconds veulent juger l'oeuvre d'art en dehors de l'histoire, c'est-à-dire en la privant de son authenticité et en lui donnant une signification imaginaire ou en la comparant avec des modèles arbitraires. Finalement une sorte de scepticisme s'est manifesté quant à la possibilité d'entrer dans un rapport de compréhension avec l'art du passé : scepticisme qui, en ce cas, devrait s'étendre à tous les autres domaines de l'histoire (celui de la pensée, de la politique, de la religion, de la moralité) et qui se réfute lui-même par une réduction à l'absurde parce que l'art et l'histoire que l'on dit modernes ou du présent sont « passés » au même titre que l'art et l'histoire des époques les plus reculées, comme eux, redeviennent présents mais seulement dans l'âme qui les ressent et dans l'intelligence qui les comprend. Qu'il y ait par ailleurs des oeuvres et des époques artistiques qui nous restent obscures, signifie seulement qu'actuellement les conditions pour les revivre de l'intérieur et pour les comprendre nous font défaut de même que les idées, les coutumes et les actions de tant de peuples et de périodes. L'humanité comme l'individu se souvient de certaines choses et en oublie beaucoup d'autres sauf en en réactivant le souvenir quand le cours de son développement spirituel l'y amène."
ok ?