Je crois qu'il ne faut pas jetter la pierre à Jamendo ou aux autres initiatives plus ou moins interessantes autour du libre.
En fait c'est dans l'air du temps de négocier un contenu mis à disposition des internautes, soit avec de annonceurs, soit directement avec
des fonds d'investissements. (myspace, youtube and co).
Mais à y regarder de près, il n'y a absolument rien d'innovant dans ce modèle économique, la vente d'espaces publicitaire existe depuis des lustres sur internet, chacun son truc.
Ni dans le fait de négocier un contenu "gratuit" mis à disposition par des tiers, le web truc machin-2.0 n'invente rien, il reprend les bonnes vieilles recettes qui marchent et saupoudre le truc de farine technologique.
Toutefois, ce qui me pose question dans l'intervention de LKratz c'est la petite phrase concernant le reversement de la moitié des subsides publicitaires aux artistes à partir de janvier.
Même si ça part d'un "bon sentiment", déja se posera la problématique de la justification fiscale et comptable de ces reversements pour Peerfactor, puis pour les artistes des problèmes identiques au niveau de l'ursaff, l'assedic, le régime des intermitents (pour certains) et autres déclarations impots BNC ou droits d'auteurs, les assimilation "de fait" au régime TNS. (je pensais poster un truc complet sur le sujet, mais ça n'interessera personne donc vais pas me fatiguer pour rien).
En effet, pour les Français, c'est pas rendu de justifier ces revenus hypotétiques, mais ils ont du bien entendu penser à ces petites tracasseries administratives.
D'autre part le système de calcul de ces reversement n'est pas expliqué.
Maintenant ce qui me gêne le plus sur cette plateforme, et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai retiré mon album, (sans faire de bruit pour pas déranger),par delà le négoce publicitaire que je trouve déplacé (encore un intégriste à deux balles), c'est la présense d'artistes Sacem.
Pour être précis ce n'est pas leur présence qui me gêne, mais plutot les conséquences pour ceux qui téléchargent, diffusent sur leur webradio ces artistes sans savoir qu'ils sont en violation du droit d'auteur puisqu'ils pensent utiliser du libre.
Et que par là même ils risquent des conséquences financières et judiciaires dans l'utilisation de ces oeuvres.
Je ne crois pas que celà rende service au mouvement des musiques libres, bien au contraire.
En plus ça oeuvre vachement pour la compréhension de ce mouvement culturel auprès des publics néophites.
Je me vois bien expliquer lors de rencontres/forums que la libre diffusion ne relève pas de la gestion collective, que l'auteur a concédé individuellement, par l'apposition d'une licence
les droits de reproductions mécaniques sur ses oeuvres, mais que certaines plateformes diffusent quand même des oeuvres sous gestion de la Sacem, et donc que l'on peut télécharger mais il faut bien vérifier que les titres ne sont pas du répertoire de la sacem, parce que cela relève de la violation du droit d'auteur.
Cool comme approche, merci Jamendo.
Mais personne ne dit rien, ça parrait completement normal de faire n'importe quoi.
Il suffirai simplement d'indiquer aux internautes les artistes "sacem" voire mieux, d'expliquer à ces artistes qu'ils peuvent quitter la sacem (quitterlasacem.info) pour
rejoindre la libre diffusion, mais je crois que les motivations de ces derniers se situent plus dans la volonté d'obtenir de la visibilité que dans une réflexion profonde sur le droit d'auteur, les rapports public/oeuvre/artistes.
Il est certain que l'on peut faire pratiquement n'importe quoi sur le net, et bien des sites/initiatives industrielles ou alternatives le montrent malheureusement tous les jours, on peut s'assoir allègrement sur les licences libres, on peut faire croire à des artistes que le seul fait de leur donner une visibilité (toute relative d'ailleurs) va les propulser au firmament de la gloire et de la prospérité, mais au moins il faut avoir la descence de dire les choses comme elles sont, d'expliquer les ressors de ces initiatives et d'assumer complètement les choix que l'on fait.
Je crois que tout ceci est simplement une question de respect du public et des artistes.
Fonder une activité économique sur du mépris ou du mensonge par ommission n'est pas une troisième voie, c'est le quotidien du net et c'est malheureusement ce qui fonctionne le mieux, puisque tout le monde s'en accomode, un peu comme une fatalité inéluctable, comme s'il n'existait pas d'autres choix finalement.
Pour ce qui me concerne je refuse d'adhérer au fait que l'ecosystème libre soit réduit à servir de support publicitaire (un de plus) à l'industrie permettant de financer la diffusion pour les plateformes et pour les artistes de "tremplin" vers une signature hypothétique, servant au passage de fournisseurs gracieux de contenu négociable dont ils ne récupèrerons que les miettes, et avec grande difficulté.
Il existe beaucoup d'autres voies, vraiment innovantes, bien plus justes pour tout le monde mais cela ne semble pas éffleurer l'esprit de bon nombres d'exploitants commerciaux du libre (et de l'industrie d'ailleurs).
Le libre mérite bien plus que ça, c'est un mouvement exceptionellement vivant et riche qui véhicule des valeurs humaines de partages et d'echanges, des remises en questions sociétales qui vont bien au delà du simple fait économique, forcément nécessaire mais en aucun cas suffisant sur le long terme, si l'on souhaite réellement qu'il prenne toute sa place comme alternative crédible à la culture industrielle.
En même temps, je cause dans le vide là, ce commentaire en vaut bien un autre, nevermind....
Ces propos n'engagent que moi et ne sauraient en aucun cas être le reflet des opignons
de l'equipe de dogmazic sur le sujet.
Bonne zike à tous
