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Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 04 déc. 2006, 13:57
par -banni-
Aprés une semaine dernière un peu énervée où le débat, certains diront polémique, sur Jamendo a dépassé le cadre de ce topic pour se retrouver sous l'impulsion d'Aisyk sur Culture Libre.

LKratz a posté comme jamais et un échange constructif entre la dogmateam et le Richard Branson Luxembourgeois ( je voulais écrire R. Branson du pauvre...mais au Luxembourg :) ) a abouti à, semble-t'il, une prise de conscience d'une partie de la communauté.

voici un bout de l'article paru sur le blog "officiel" de Jamendo :
Libre et intègre ?

La communauté intéressée par la musique libre a fait monter la pression ces derniers jours. Dans plusieurs forums y compris les notres, des membres s’inquiétaient de notre tolérance concernant les artistes manifestement inscrits à la SACEM. Sous cette pression, nous avons entendu le message et masqué des albums à la fois sous licence libre et gérés par des sociétés de collecte.
(lire la suite)

C'est un premier pas vers la non connerie mais je déplore toutefois une chose :

Le manque d'intérêt de la communauté dans son ensemble pour ces questions.
Comme si, aprés tout, ce n'était pas si grave que la loi ne soit pas respectée, comme si Dadvsi n'était finalement rien.

Est-ce que les musiciens sous LLD ont bien compris l'enjeu des licences et de leur démarche ?

Je suis sûr qu'au delà du discours superficiel que tiennent beaucoup d'entre eux, du moins ceux qui s'expriment, non.

Et que certains, notamment sur le forum Jamendo continuent à ramener le débat à un problème de jalousie et d'égos me le confirme.

Ou alors, il y a une volonté de ne pas vouloir discuter...réfléchir.

Jamendo étant la réponse à toutes les questions que nous, pauvres artistes, attendions.

Fais ch..!

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 04 déc. 2006, 17:16
par Rico
nitromthemetronome a écrit :Est-ce que les musiciens sous LLD ont bien compris l'enjeu des licences et de leur démarche ?
En effet, c'est là que réside tout le problème, car certains musiciens considèrent les LDL comme un outil promotionnel, rien de plus. Ceux-là les abandonnent comme de vieilles chaussettes lorsqu'un gros label ou une maison de disques les remarque.

Tant que ce genre de mentalités existeront, le secteur indépendant continuera à crever.

Un certain nombre de musiciens sont des opportunistes, sans scrupules et sans conscience politique.
C'est déplorable, mais c'est ainsi que fonctionne le business actuel de la musique : réussir coûte que coûte, au détriment de la diversité, de la qualité et de la liberté de créer, en écrasant si possible les autres au passage : vendre son âme au plus offrant, sans se soucier des compromissions que cela implique... car on n'est jamais gagnant dans ce genre de contrats !

Fort heureusement, il y a un nombre croissant d'artistes et de labels qui ont délibérément et sincèrement choisi l'indépendance, que ce soit avec les LDL ou non.

Le choix des LDL est le reflet d'une indépendance plus radicale face aux monopoles, car être indépendant et en même temps sociétaire de la SACEM, c'est tout de même cautionner (sans le savoir la plupart du temps) un système qui broie les indépendants.

Il y a donc encore un énorme boulot d'information à accomplir.

Quant à la prise de conscience de J...o, hé bien, que dire à part : Il était temps ! 2 ans, ça fait quand même un peu long pour se rendre compte de l'importance de cette question.

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 04 déc. 2006, 17:22
par aisyk
Bon la prochaine fois, on leur fera un dossier de 80 pages diffusé aux médias... peut-être qu'ils annonceront le Festival Diffuz. :D

Je résume :
Ils nous mettent la pression, on décide d'abonder dans leur sens pour calmer tout le monde...

Bref, pas sûr que le côté "illégal" ait été bien compris...

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 04 déc. 2006, 19:19
par Pola-k
.

nitromthemetronome a écrit :La question qe je me pose, c'est pourquoi les sociétaires de la sacem ne font rien pour changer cette clause de l'intérieur ?
Il me semble que la réponse est contenue dans la question : sacem, c'est société des auteurs, compositeurs et EDITEURS de musique… en l'occurence, d'une part les intérêts des auteurs et compositeurs ne sont pas du tout les mêmes que ceux des éditeurs, et d'autre part et surtout, les deux parties n'ont pas le même poids…
Faut combien de Johnny Halliday pour faire un universal déjà ?

C'est pas du tout le même problème que dans l'édition littéraire, où la relation acheteur/fournisseur (maison d'édition/auteur) n'est pas pervertie par un organisme sociétal intermédiaire… ou supermédiaire, plutôt (!) qui joue les chefs comptables pour tout le monde…

faudrait peut-être militer pour la création d'une sacm sans E ???
une sacm dans laquelle le libre aurait plein de poids, quel pied !!!
Rico a écrit :En effet, c'est là que réside tout le problème, car certains musiciens considèrent les LDL comme un outil promotionnel, rien de plus. Ceux-là les abandonnent comme de vieilles chaussettes lorsqu'un gros label ou une maison de disques les remarque.
Tant que ce genre de mentalités existeront, le secteur indépendant continuera à crever.
Je sais pas si le problème se situe vraiment du côté des infâmes musiciens qui ont envie de vivre -voire de bien vivre- de leur musique. Si on zappe évidemment les putassiers capable d'écrire une danse des canards pour faire un disque d'or, l'envie est assez légitime de passer du côté obscur de la force quand il n'y a que cette porte de sortie pour survivre, et faut dire que pour l'instant, le libre, ça nourrit pas son homme.

Par contre, c'est vrai qu'il devient super urgent de réfléchir à un moyen de se protéger contre les majors qui viennent faire leur marché sur les circuits de diffusion du libre.

C'est une manie chez eux : avant de piocher dans le libre, elles avaient déjà pris l'habitude de racheter les contrats des artistes montants aux petits labels indés. Un moyen en quelque sorte d'externaliser leur secteur "recherche et développement".
Aux petits et aux humbles de prendre des risques, avec à la clef la possiblité de tomber un jour sur la Bjork ou le Dominique A., et soit de les revendre, soit de les conserver en catalogue pour passer l'étape supérieure…

Les majors, c'est pas fait pour prendre des risques, c'est bien connu. Ni pour dépenser du blé si on peut faire autrement.
Autrement, aujourd'hui, pour les majors ça s'appelle la starac (de la R&D qui coûte pas grand chose puisque le coût de la coprod d'une émission casteuse est à peu près équivalent aux coûts pub de lancement d'un nouvel artiste).
Avec des coups comme celui de kamini et l'essor du libre, autrement, demain (mais demain vite vite, hein !), ça sera faire son shopping sur jamendo, myspace ou dogmazic.
A priori, on peut pas y faire grand chose puisque le libre est, par définition, libre.

Quoi que… si on faisait comme les petits labels indés ? cad, si pour être librement diffusés, les artistes s'engagaient avec les plateformes de diffusion par contrat ? Même un contrat non rémunérateur peut être revendu à une major (et partagé entre artiste et plateforme de diffusion) : peut être un moyen d'assurer une survie du libre sans pénaliser les artistes ?
(et puis, si les plateformes de diffusions peuvent espérer vivre de leur boulot de R&D, on kille jamendo et sa pub à la con !!!)



(ouais nitrom, au fait, en parlant de poids, mes posts sont inconsistants, je sais, mais bon… peut-être que c'est toi qui sais plus voir la consistance quand elle sait pas faire pipi debout ? :-D )

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 04 déc. 2006, 20:10
par dana
rico
En effet, c'est là que réside tout le problème, car certains musiciens considèrent les LDL comme un outil promotionnel, rien de plus. Ceux-là les abandonnent comme de vieilles chaussettes lorsqu'un gros label ou une maison de disques les remarque.

Tant que ce genre de mentalités existeront, le secteur indépendant continuera à crever.

Un certain nombre de musiciens sont des opportunistes, sans scrupules et sans conscience politique.
hum
oui
mais je dirais que le fond du problème n'est pas seulement là
il y a aussi beaucoup d'artistes qui sont indifférents à la chose politique
sans être spécialement opportunistes
parce qu'ils se considèrent d'abord commme des musiciens pas comme des juristes - et ils laissent le soin de gérer leur carrière à d'autres : c'est une non-position que je peux comprendre. Il est tout de même étonnant que les musiciens deviennent des juristes (quoique, les écrivains du XVIII ne l'étaient pas moins que nous ne le sommes pour de bonnes raisons)

comme beaucoup de labels (et je dirais la majorité de ceux avec lesquels j'ai essayé de travailler) qui n'ont aucunement envie de créer des réseaux ou des communautés
c'est une des raisons pour lesquelles j'ai complètement laissé tomber le bizz de la musique
dans le milieu indie j'ai été extrêment déçu par le chacun pour soi (et chacun court après les médias etc.)
mon ami gerald de unique records a essayé, comme moi, de fédérer les choses
il n'a pas arrêté ses activités loin de là, mais je ne crois pas exagérer en disant qu'il est déçu aussi
moi ça ne m'interesse pas de faire les trucs uniquement pour ma gueule, ou celle des artistes de mon label etc. Donc j'ai préféré arrêter les frais
En tous cas un an plus tard ce milieu ne me manque pas à tel point que je n'ai quasiment plus aucun contact avec les autres labels et les groupes (à part quelques amis que j'ai gardés)
c'est fou comment on peut disparaitre facilement de la circulation... quand on n'est plus dans l'actualité et le biz

enfin
perso je m'en réjouis

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 04 déc. 2006, 22:50
par -banni-
ouais nitrom, au fait, en parlant de poids, mes posts sont inconsistants, je sais, mais bon… peut-être que c'est toi qui sais plus voir la consistance quand elle sait pas faire pipi debout ?
Oh l'autreu!!!
je disais juste ça histoire de rebondir de façon ironique sur ton histoire de cheminée, point de seximsssse de ma part.
Ensuite, tu te réclames fille...bon d'accord, mais c'est internet quand même, on peut être ce qu'on veut sur la toile....
:D

@ Dana :

C'est vrai qu'aprés tout être artiste n'est pas synonime de militantisme, ça n'est pas un pack.

Mais pensez devenir célèbre en passant par les licences de libre diffusion, je veux dire par là, rejoindre le réseau commercial ?!!! ( badabof )

Mais c'est sûr qu'avec la télévision qui nous sort régulièrement un couillon qui est soi-disant devenu incontournable avec un clip champêtre pseudo rapé sur Yoooohoootube?, ça aide pas à avoir les pieds sur Terre.

Il suffit qu'un groupe de pop à la c...soit remarqué sur Jam et que ça se dise dans le journal de Chaire Clazale pour que LKratz puisse enfin se payer le jet privé de ses rêves et que surtout tout ce qu'il a fait jusqu'ici soit entièrement justifié à tout jamais...et que nous pauvres petits médiocres on ait plus qu'à la fermer comme des gros jaloux...

Entre nous, les majors qui font leur marché sur le web, j'y crois pas trop, c'est le moyen qu'ont trouvé certaines plateformes pour augmenter leur flux.

:D

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 05 déc. 2006, 00:08
par dana
les majors je ne sais pas
mais figure toi que des labels indé disons relativement big y font leur marché
(je veux pas entrer dans les détails maintenant, mais une page dans myspace peut avoir des conséquences assez incroyables.. je ne sais pas si c'est fréquent, mais ça arrive, et ça veut dire, contrat avec un bon label américain, tournée aux states et tout le tralal sans avoir dépensé un centime dans le cas auquel je pênse (le seul truc ça a été de placer des morceaux en libre accès sous licence CC sur archives et dogmazic et une page sur myspace avec des liens pertinents).. mais bon ça doit nous rassurer : il y a des choses qui ne s'expliquent pas, qui résistent à la rationalité etc.. Je vois des groupes qui investissent des milliers d'euros pour se faire connâitre, qui bouge tout un réseau de relations, etc. et qui ne seront jamais signé.. et d'autres qui ont juste balancé quelques trucs sur un site web, et qui se retrouve avec 3 propositions de sorties dans la semaine qui suit : j'exagère pas, c'est du réel.. Alors.. tant mieux après tout.. c'est le coup de coeur et c'est bien.. d'ailleurs ça me fait penser que tous les groupes que j'ai sortis sur another record c'était des coups de coeur, des gens qui n'avaient quasiment rien fait d'autre que d'envoyer un mot gentil, ou bien que j'avais croisé dans un bar concert.. et je peux dire que j'en ai reçu à côté des centaines de prospectus plastifié en quadrichromie avec cd pressé dedans.. et jamais j'ai flashé sur ces trucs là.. question de hasard peut-être)

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 05 déc. 2006, 00:31
par -banni-
Hum, je te répondrais bien en argumentant mais je crains que tu ne me prennes pour un adepte du grand complot.

J'essaie quand même, on sait jamais :

Et si Space machin et Tousdans'l'tube faisaient sortir un numéro du lot de temps à autre pour faire mousser le buzz histoire de faire un peu de pognon?

Je veux dire, il est facile pour eux par le biais de leurs connexions dans les milieux de l'entertainment, de glisser un nom dans l'oreille d'un DA, tout le monde y gagne.

La télévision se fait un plaisir de relayer ce genre d'infos sans intérêt pour pas un rond en criant au miracle d'internet, ce médium qu'ils ne savent pas utiliser et qu'ils fantasment à mort.

La major ou le mouselabel bénéfiecient d'une campagne de pub gratos, genre Starac, la plateforme voit son nombre d'inscription augmenter de façon fulgurante...

En plus, ces cons d'artistes autoproduits, ils font des vidéos maintenant qu'on peut exploiter telle quelle....

:twisted:

De là à dire que le net c'est la mystification la plus élaborée de tous les temps, il y a un pas que je ne franchirai pas.

VIVE LE WEB 2.0!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! :arrow:

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 05 déc. 2006, 01:30
par dana
en fait je peux pas pifrer myspace (j'ai fait une page sur myspace pour me foutre de myspace mais bon, la seule manière de se faire virer c'est de montrer ses couilles je crois - ils sont assez pudibonds)
cela dit, le cas dopnt je te parle, et il y en a d'autres, n'a rien à voir avec un quelconque buzz ou je ne sais quoi..
les labels se baladent sur le net, tapent des noms d'artistes qu'ils aiment, et parfois, les liens se rencontrent etc.
Enfin, peut-être est-ce un cas exceptionnel ? peut-être..

il existe peut-être 50 000, labels indie dans le monde (en voici alors la moitié :
http://www.allrecordlabels.com/
)
mais combien d'artistes qui souhaiteraient être soutenus et représentés par ces labels ?
this is the problem

Re: sur: Jamendo, économie, modèles, diffusion, musicologie etc

Publié : 05 déc. 2006, 03:04
par Pola-k
dana a écrit :les majors je ne sais pas
mais figure toi que des labels indé disons relativement big y font leur marché
(je veux pas entrer dans les détails maintenant, mais une page dans myspace peut avoir des conséquences assez incroyables..
> les majors continuent à produire leur propre préfabrication musicale moulée à l'étude de marché -ou à la starac-, et à acheter les produits innovants quand ils ont passé le filtre à succès du label indé
> les labels indés se mettent de plus en plus à caster sur le libre, parce que c'est moins de risque et plus de profit immédiat. ils pourraient prendre de l'importance sur un marché en baisse, c'est risqué pour les majors
> les majors préparent le développement de jamendoes-like avec beaucoup de moyens pour contrer la dispersion du marché
> les labels indés craignent pour leur avenir et préparent des jamendoes-like avec catalogue sélectif dans tous les coins du web
> france télécoms fait encore plus fort et prépare un myspace-like et un jamendo-like avec accès exclusif depuis le portail orange pour vendre du forfait téléphone, parce que les dernières études de marché montrent que la pratique artistique amateur explose les scores au rythme de la multiplication des outils d'auto-production
> tout ce monde peut trouver dans le libre 1/ du contenu pré-testé 2/ des outils innovants de captation d'un marché largement émergent pré-testés eux aussi… de la R&D libre et gratuite, à tous niveaux, le pied !

Dans tout ça, les initiatives libres hors marché sont certes fragilisées (condamnées à se vider de leur contenu au fur et à mesure qu'il se valorise, comme de voir leurs modèles dupliqués avec plus de moyens), mais infiniment renouvelables : tant qu'il y aura de la création…

euuh… c'est de la fiction, hein ?
:-D
dana a écrit :d'ailleurs ça me fait penser que tous les groupes que j'ai sortis sur another record c'était des coups de coeur, des gens qui n'avaient quasiment rien fait d'autre que d'envoyer un mot gentil, ou bien que j'avais croisé dans un bar concert.. et je peux dire que j'en ai reçu à côté des centaines de prospectus plastifié en quadrichromie avec cd pressé dedans.. et jamais j'ai flashé sur ces trucs là.. question de hasard peut-être)
ou question d'humanité… je crois au lien humain qui fait une équipe éditeur/musicien capable de faire bouger la musique parce que chacun défend, avec son propre talent, des affinités partagées. Comment préserver ça à l'heure du web&show-casting ?