Concernant le fait que l'auteur doive informer les différents diffuseurs, je suis tout à fait d'accord, la gestion individuelle est faite pour ça.
Toutefois je voudrais un peu pondérer ces propos parce qu'il me semble que c'est l'affaire de tous: Le public, les artistes, les diffuseurs.
C'est un peu trop "facile" de taper sur les artistes/auteurs qui essayent de se faire connaitre (souvent par tous les moyens possibles et effectivement sans trop lire les contrats) parce qu'ils n'ont pas de "référent", d'endroit ou aller se renseigner (sur le net par exemple) et de personnes avec qui discuter de tout ça.
C'est en ce sent que je crois que l'association "musique-libre" a un rôle à jouer dans la mise à disposition d'informations concrètes et simples quand aux possibilités d'exploitation des oeuvres qu'elles soient sous licence libres Diffusion, sacem ou copyright.
Mais quand bien même nous mettrions en place une telle structure permettant aux artistes ayant opté pour la gestion individuelle d'être informés et soutenus
sur les droit d'auteur et les conditions d'exploitations, encore faudrait-il que les pouvoirs publics, institutions et autres médias de grande écoute fassent la promotion de cette initiative, ce qui demeure à ce jour une vaste utopie, parce que ça n'intéresse personne.
Nous faisons déja cette information, mais on manque de moyens et de relais pour porter l'information à l'attention de tous.
Derrière tout ceci se dessinent de points particuliers:
Le premier concerne les artistes eux mêmes, certains "jouent le jeu" des LLD et d'autres s'en tapent complet du moment qu'ils obtiennent de la visibilité mais ceci est un facteur "humain", les petits malins ont toujours raison...
L'autre, c'est que malgré l'information assé complète que l'on peut glaner ça et là sur le net concernant les LLD, ni les diffuseurs, ni les opérateurs média industriels du web veulent en entendre parler.(voir mes posts inutiles sur les modeles économiques basés sur le négoce de contenu "en vrac" à la youtube et myspace.)
Je prend pour exemple certains sites, qui mélangent allègrement des oeuvres qui sont soumises au droit américain, européen, francais, du monde entier en fait.
Et ce n'est pas une critique, c'est un constat.
Et il se trouve qu'aucune harmonisation du droit d'auteur n'est à ce jour possible, malgré l'OMPI.
Je suis le premier à regretter le fait que quelques (une majorité?) opportunistes se servent des LLD pour accéder au "millieu' industriel, et que quelques artistes en mal de visibilité diffusent leur oeuvres malgré les statuts des sociétés auxquelles ils ont adhéré, c'est très frenchy comme attitude.
Il serait bien plus simple pour ces artistes de rester sous LLD et de défendre leurs idées auprès des diffuseurs.
Je me souviens d'ailleur d'un témoignage concernant un auteur qui après avoir concédé les droits exclusifs sur ses oeuvres à une société d'edition de jeux vidéo, sous contrat de copyright avec somme forfaitaire pour les droits et l'exploitation (y compris la paternité!), avait déposé dans le même temps ses titres à la sacem en France pour toucher les droits sur la diffusion.
Il avait donc concédé ses droits contre une somme négociée, mais demandait aussi à être rémunéré sur des droits de diffusion qui contractuellement ne lui appartenaient plus, et ça marche..
On nage donc dans des contradictions juridiques bien intéressantes à tout point de vue.
Ce qui me désole, c'est que tout ceci ne sert ni les LLD, ni l'industrie et que l'on va se retrouver avec une harmonisation "de fait" des contenus, dont les droits d'exploitations et d'auteurs seront gérés à terme par les intermédiaires industriels (comme en UK par exemple), quel que soit le mode de gestion choisi par l'auteur (individuel ou collectif), dans un contrat de copyright strict (ou on concède tout à l'intermédiaire) de type us, comme d'hab.
Et ça nous pend au nez grave, si j'ose m'exprimer ainsi, mais c'est peut être ce que souhaite la majorité des publics, artistes et diffuseurs...
Ce que je veux dire par là c'est que le droit d'auteur rique de se réduire à un négoce contractuel de dispositions d'exploitation des oeuvres, souvent exclusif, sur un chantage simple:
"Tu signes là, tu me concède l'exclusivité et la propriété de l'ensemble de tes droits, et tu fermes ta gueule, sinon on te produit pas, on te diffuse pas et tu crèves".
Si l'internet doit servir à terme uniquement de "tête de gondole" pour industriel en mal de promotion sur leur produits , je ne vois plus à terme l'intérêt des LLD, puisque qu'aucune lecture visible des valeurs véhiculées par ce mouvement ne sera possible dans l'assimilation globale et l'agrégation de contenus qui est en train de s'oppérer tranquillement.
Que le spectacle continue...
Bonne zike à tous
