dana a écrit :
"cette vaste fumisterie qu'est la propriété intellectuelle" : ben écoute, nos licences de libre diffusion là, elles sont des émanations sophistiquées de la cette vaste fumisterie.
Pour moi, les licences libres n'ont d'intérêt que pour rectifier les droits abusifs qui sont conférés aux auteurs. Si le droit d'auteur n'existait pas, il n'y aurais pas besoin de ces licences, puisque personne ne pourrait s'approprier aucune idée.
dana a écrit :
Et je ne sais pas ce que tu appeles la propriété intellectuelle. De Diderot à Stallman, ou du brave Ernest Bourget (le premier à avoir essayé de récupérer des droits d'auteur si on peut dire sur la diffusion de sa musique) à Lessig, de Beaumarchais aux laboratoires Mosanto (semences agricoles), c'est quand même pas rien la propriété intellectuelle, je doute qu'on puisse résumer tout cela en "vaste fumisterie"
La propriété intellectuel, c'est ce qui résulte de la volonté de vouloir s'approprier les droits à l'usage d'un savoir, d'une idée, d'un concept, d'une réflexion et de leurs applications. Mon point de vue, c'est que c'est une tentative de dictature sur ses objets, et par extension sur toutes les personnes qui voudraient en faire un usage.
dana a écrit :
si c'est une vaste fumisterie, alors je ne comprends pas pourquoi tu te prends le chou avec les licences dites libres.. c'est contradictoire à mon avis.
Je me prends la tête avec les licences dites libres, parce que ça me semble une idée intelligente pour contrecarré cette idée de propriété intellectuelle. Retourner le principe contre lui même.
dana a écrit :
"Ce concept c'est le vol de libre utilisation du savoir et de la culture qui entraîne le vol de la liberté d'expression."
d'abord c'est pas un concept à mon avis, mais un ensemble complexe et varié de positions vis-à-vis des objets produits par l'homme, dans le cadre d'une vision du monde naturaliste (donc occidentale). et je ne comprends pas "le vol de la libre utilisation".. etc.. qu'est-ce que la liberté d'expression vient faire là dedans ?? suffit pas de répéter dix fois le mot libre, le scander comme un mot magique pour en être plus libre..
Oui, il n'y pas un concept unique de propriété intellectuelle, c'est juste, et tu fais bien de le souligner. On a pas les mêmes droits avec un brevet, qu'avec un droit d'auteur par exemple. Néanmoins, il y a bien une idée commune dont je donne une définition (orientée) plus haut. Mon opinion c'est que tous les concepts qui se base sur l'idée de propriété intellectuelle, sont tout simplement scandaleux.
Désolé si je me suis répété en te donnant l'impression de vouloir bourrer le mou, mais je pense qu'effectivement la propriété intellectuelle entraîne nécessairement des dégradations de la libre expression de ton prochain. C'est quelque chose de parfaitement logique, et je vois mal comment on peut le réfuter. Puisque la propriété intellectuelle c'est s'accaparer l'exclusivité des droits d'utilisation d'un ensemble de pensés, c'est que la personne qui détiens ces droits peut interdire à autruis l'expression de cet ensemble et toutes pensés se basant sur cet ensemble.
Je vois mal comment contredire cela, sans donner un autre sens à la propriété intellectuelle.
dana a écrit :
on se croirait revenu en te lisant à l'épqoue ou on bataillait avec certains défenseurs de la licence Art Libre, d'où ma petite pointe de lassitude là..
Qu'on soit bien d'accord sur une chose : ce n'est pas parce que je ne suis pas d'accord avec un point de vu, que je ne respect pas celui-ci. Dit autrement, je peux parfaitement respecter un choix sans l'approuver pour autant.
Je ne fais qu'exposer mon point de vu (ce qui a le double avantage de l'expliciter et de le soumettre à critiques) et prendre connaissance de celui des autres (ce qui me permet éventuellement de m'ouvrir à d'autres vision et à réfléchir aux arguments pour lesquelles je ne suis pas d'accord sinon).
Maintenant pour parler un de ton "Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd", il y a des remarques qui m'ont particulièrement frapper (toujours sans me faire mal)
dana a écrit :
Ce souci ( être en mesure de contrôler l’usage qu’on pourrait faire de leurs textes) est-il condamnable ? S’il l’est, et je me demande bien au nom de quels arguments sérieux, alors il faudrait condamner toute la littérature (rares sont les textes autorisant a priori la publication d’oeuvres d’erivées. Il faudrait demander aux oulipiens ce qu’ils en pensent : le texte magnifique de Jacques Roubaud « Bien souvent je copie » [14], bien qu’il mette l’accent sur l’appropriation et l’inscription dans une tradition, ne se situe pas sur un plan juridique), et pour tout dire, une immense partie des artistes, toutes disciplines confondues.
Déjà ma réponse à ta première question est oui, ce soucis est condamnable dans la mesure où il entraîne un comportement autoritaire sur la libre expression de son prochain.
Pour autant, loin de moi est l'idée de condamner toute la littérature, et tous les arts, bien au contraire. Il existe des milliers (millions?) d'oeuvres dans le domaine public, c'est à dire que chacun est libre d'en faire ce qu'il veut. Pour autant cela condamne-t-il toute la littérature tombé dans le domaine public? A-t-on à pleurer du fait que les oeuvres de Beethoven ne souffrent plus d'aucune de ces restrictions aujourd'hui?
Il ne s'agit pas d'interdire la publication d'une oeuvre sous une forme, mais de permettre à chacun de la republier sous la forme qu'il veut. On rétorque parfois qu'un artiste ne veut pas qu'on modifie son oeuvre, qu'elle est trop personnelle pour cela. Fort bien, dans ce cas qu'il ne publie pas son oeuvre, je serais le premier à venir défendre le respect de sa vie privée. Mais publier, cela veut bien dire ce que ça veut dire, on fait passer l'oeuvre de la sphère du domaine privé à celle du domaine public. Il n'y a plus alors d'intimité qui tienne, on ne va pas faire l'amour sur la pelouse d'un jardin public en portant plainte par la suite pour voyeurisme contre ceux qui ce sont rincé l'oeil.
dana a écrit :
L’option Pas de modification ne consiste en aucun cas à interdire toute création d’oeuvres dérivées ou composites, mais à ne pas autoriser à l’avance les modifications.
Oui mais à ce jeu là, on peut aussi dire :
Les options pas de diffusion, pas de modifcation, pas de publication des modifications, pas d'exploitation commerciale du droit d'auteur ne consiste en aucun cas à interdire toute diffusion, modification, publication de modifications ou d'exploitation commerciale de l’oeuvre, mais à ne pas les autoriser à l’avance. \o/
Les clauses nc et nd SONT restrictives, elles INTERDISENT des utilisations. Si maintenant je fais une reprise d'un morceau, en rendant les paroles plus familières par exemple, je pourrais me voir interdire (censure) le droit de diffusion par l'auteur original, parce que lui ne trouve pas ça drôle contrairement à moi.
Qu'on fasse le choix d'une licence restrictive, je le respect. Mais essayer de rendre cette licence plus sympathique en faisant miroiter qu'elle n'interdit pas ce qu'elle interdit, c'est être malhonnête, envers soi même si l'on y crois.
Pour ce qui est de la clause nc, si je comprends bien, c'est juste pour pouvoir vendre vos disques de manière exclusive, quand la clause nc est bien plus contraignante que cela. Ce que je me demande c'est, si vous diffusez sous une licence comme CC-by-sa, vos ventes chuteraient-elles subitement? Ce qui achètent des disques chez vous, pourquoi les achètent-ils quand ils pourraient simplement télécharger les albums? Si c'est pour soutenir les artistes qu'ils aiment via leur label, alors je ne vois pas ce qui pourrait pousser quelqu'un voulant acheter ces CDs à aller les acheter ailleurs (si jamais une offre alternative venait jamais à exister ce dont je doute).