problématique intéressante aysik
et finalement assez cruciale dans les débats qui nous animent ici :
comme s'il y avait d'un côté les sectateurs du web.2.0. qui au fond n'auraient qu'une vision quantitative (le "se faire connaître") de l'art, et de l'autre, des gens qui sont attachés avant tout à la qualité (ce que tu appeles la "reconnaissance").
Du coup effectivement, il y a là une opposition franche, et quoi qu'en disent certains (cf. quelques web2.0.istes fanatiques qui ont essayé de d'essaimer sur ce forum, en vain semble-t-il), entre une valeur qualitative et une valeur quantitative (donc : calculable, chiffrable : c'est très important cela, les économistes amateurs du web 2.0. se la jouent supers forts avec leurs chiffres, tandis que nous autres, nous parlons de quelque chose qui ne se laisse pas réduire à de simpes additions. Tiens ça me fait penser au débat actuel sur l'évaluation des "psychothérapies" : d'un côté les adeptes du questionnaire - lesquels fondent la soi-disant scienficité des thérapies dites comportemantales, et de l'autre les thérapies fondées sur la parole etc.., évidemment pas "évaluables" au sens quantitatif du terme.
Bref, laquestion du réductionisme encore (cf. mes récriminations envers l'économisme à courte vue de julien b. ici-même)
En fait c'est assez fondamental ce que tu racontes là mon ami.
Je note ceci :
La démarche des musiques libres est surtout de valoriser le travailleur, le travail de l'artiste au centre de tout système de promotion, et non plus l'artiste en tant que marque à faire connaître et à faire repasser 20, 30, 50 fois par jour à la tv/radio.
J'ai envie de dire oui, peut-être, et en même temps je tique. Je songe à certains artistes sur d'autres sites qu'ici, et néanmoins sous licence de libre diffusion qui semblent surtout soucieux d'e battage médiatique, et inversement, je pense à d'autres artistes qui, bien qu'étant à la sacem, mènent une carrière toute entière consacrée à la création plutôt qu'à la promotion. Je ne sais pas si les licences de libre diffusion sont un critère pertinent à ce niveau. Le désir de visibilité anime la plupart des artistes, à des degrés divers (il y a des exceptions, des gens hyper discrets bien sûr, qui répugnent à toute promotion

.. Est-ce que le fait d'adopter une licence de libre diffusion indiquerait un moindre intérêt pour la promotion, la visibilité disons "marketing", et un intérêt plus marqué pour la valorisation de l'oeuvre elle-même ou d'une "démarche" (je reprends ton mot).. J'en doute un peu..
ça c'est l'affaire de chacun avant tout me semble-t-il, licence libre ou pas.
Autre truc aussi :
ma brève expérience de la promotion, humm, me ferait dire que la frontière entre "buzz marketing" et "reconnaissance de la qualité" est quand même assez floue. Par exemple, dh a connu un certes modeste succès critique, et a suscité une certaine sympathie de la part d'autres artistes et de certains auditeurs (pour ce que j'en sais), sans pour autant soulever les foules (mouarff), et je pourrais dire que j'ai eu de la reconnaissance, sans pour autant être connu.
Mais, qu'est-ce au fond que la reconnaissance ? sinon le sentiment, éminemment subjectif, d'une adéquation entre une demande et une réponse. NE préjugeons surtout pas du contenu de cette demande : je connais des artistes qui seront à jamais insatisfaits, bénéficient-ils d'une presse élogieuse, d'un large cercle de fan, de l'estime de leurs congénères : parce qu'au fond ils se sentent "ratés" - et là on peut décrire ces ratages selon des modalités infiniment diverses. j'ai un ami qui est persuadé d'avoir écrit un chef d'oeuvre, à tel point que les éloges dont il est couvert ne lui suffisent pas, la frustration (ne pas être reconnu) demeure insupportable. Inversement, je connais un autre gars qui au fond demandent juste à être aimé, comme une personne réelle, et qui au fond se sent toujours raté même quand on chante ses louanges, même quand un fan lui cause après le show, parce qu'on ne peut pas aimer et admirer en même temps (là c'est le psy qui parle: admirer, c'est tenir soingeusement à distance son envie)
bref : il n' y a pas de critères a priori de la "reconnaissance", c'est un sentiment très personnel, qui renvoie aux désirs, voire aux besoins de chacun.
remarques qui confortent en fait ta démonstration aysik.