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savoir dire non :)

Discussions sur ce qui se passe dans le monde de l'industrie du disque.
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

savoir dire non :)

Message par dana »

nous recevons ce matin même un mail d'une société dont je tairais le nom, mais qui nous propose en substance ceci :

"
Bonjour,

Nous sommes spécialisés dans la distribution numérique de musique, avec un focus sur le rock + variété + electro français ou francophone.

Notre mission est de fournir un catalogue de qualité et de proposer des nouveaux talents aux plates-formes de distribution numérique (par ex VirginMega.fr....).

Nous ne faisons que de la distribution numérique (et donc pas de CD/DVD) et ne travaillons qu'avec des indés, labels non affiliés à des majors et/ou artistes non signés par des majors.

Nous ne demandons aucune exclusivité ; vous conservez l'intégralité de vos droits - nous nous partageons simplement les revenus nets, 70% pour vous, 30% pour nous.

Si vous êtes intéressés, je vous fais parvenir une proposition de contrat.

Bien cordialement "
C'est pas la première fois qu'on reçoit des propositions de distro, mais pour ce qui est d'une distribution online, là c'est nouveau. AU fond ça n'est pas étonnant : y'a de l'argent à se faire, donc ça motive quelques sociététs. Il y a un site web, mais là aussi je ne vous donne pas l'adresse. L'idée globale c'est que cette société s'invente un nouveau rôle d'intermédiaire (UN DE PLUS), et se finance en facilitant l'accès des petits labels indé pourris comme nous aux plates formes de téléchargement payant.
Fallait juste y penser.

pour info je vous donne ma réponse à cette proposition :
il faudrait d'abord nous en dire plus Smile
pour ce qui est de la distribution sur le net, nous nous distribuons déjà très bien nous-mêmes, à travers les plates formes d'accueil des musiques sous licence libre (Creative Commons)
apparaître sur un site comme Virgin Mega nous donnerait plutôt des boutons
Et il est tout à fait contraire à notre philosophie de faire payer le téléchargement de nos travaux.
Lisez notre charte si le coeur vous en dit vous comprendrez peut-être mieux le ton de ma réponse.

cordialement

Dana
je cite ce bout de correspondance pour info, à destination des autres labels qui auraient reçu ce courrier..

Ce genre de proposition s'inscrit tout à fait dans la logique d'un système contre lequel je me bats, qui tend à multiplier les intermédiaires, donc les coûts et les intérêts.
Le monde contemporain est un monde qui fait la part belle aux intermédiaires.
Mais : sans les gugusses qui s'échinent tout au long du jour à composer leurs petites chansons en attendant que tombent leur RMI, exit les magazines musicaux, exit disquaires, exit les managers, les distributeurs, les fonctionnaires de la musique actuelle, les salariés de la sacem, les fabricants de disque.
Quand on n'aura plus rien à intermédier, nous artistes on sera toujours dans la même merde, les intermédiaires eux, iront intermédier des chaussettes ou des shorts de plage.
Rico
Messages : 2385
Inscription : 23 juin 2004, 19:16

Re: savoir dire non :)

Message par Rico »

Ces phénomènes de tentative de récupération d'audience sont de plus en plus fréquent, cela traduit nettement la volonté des majors de créer des pseudos sites web ou pseudo net labels de manière à récupérer un marché qui risque de leur échapper, à cause d'une part de la difficulté à trouver des talents vu le nombre plus en plus croissant d'artistes qui ne souhaitent pas passer par les distributeurs traditionnels (pour des raisons diverses d’ailleurs) , la multiplication des labels indépendants et surtout, surtout la fin d'un business model qui consistait à être le seul intermédiaire entre la création et le consommateur.

En effet, les réseaux p2p et l'émergence de sites comme le votre couplé aux licences créative, copyleft ect sont en train de révolutionner lentement mais surement tout un pan économique de la création artistique, au delà de la musique d'ailleurs.(livres, vidéo ect).

On remarque donc, qu'en parallèle à la diabolisation des "immondes pirates-téléchargeurs" se met en place une tentative de prise en main de ces canaux de distribution numériques alternatifs pour préparer l'avenir et sauver le business.

Cela me rappelle étrangement la récupération du mouvement alternatif (boucherie prod ect) par les majors il y a quelques années.

La différence aujourd'hui c'est que l'on ne peut pas acheter l'exclusivité de la diffusion sur internet, même si l'on dispose une grande puissance financière.
Tout au plus on peut faire du marketing pour les espaces de diffusion payante à grande échelle mais on ne peut étouffer économiquement des initiatives comme "musique-libre" par exemple puisqu’il n’y a pas d’enjeux financier de rentabilité (à ma connaissance du moins).

La seule possibilité pour eux est de marginaliser ce genre d’initiatives en « occupant le terrain » par la pub et donc en détournant l’attention de l’internaute-consommateur, mais cela est extrêmement difficile du fait de la méconnaissance générale des profils des dits internautes et de l’évolution constante de leurs modes de consommations.

Ils pourront tout au plus critiquer la qualité des prods des « artistes du dimanche » mais jamais les empêcher de diffuser sur le net, tant que des initiatives de diffusion gratuite existeront, et malgré le risque de « confusion » et de dilution de l’offre proposée si le nombre de ces initiatives est trop important et non fédéré à terme dans un grand mouvement collaboratif (ça veut pas dire une communauté de joyeux hippies utopiques mais plutôt un engagement étique concerté afin de créer des réseaux de diffusion solides et pérennes)

Petite précision, cela ne m’empêche pas d’acheter comme tout le monde des CD en magasins produits par les majors et dont les musiques sont déposées à la SACEM, et j’ai un grand respect pour le travail effectué par cette « industrie » sans laquelle je n’aurai pu forger une partie de mon expérience musicale, et il faudra bien par la force des choses mettre du « libre » dans les bacs, libre ne voulant en aucun cas dire « gratuit »(pour ceux qui désire vendre leurs oeuvres bien sûr), les deux mondes pouvant fort bien cohabiter ensemble.


Bonne zike à tous :)

Christophe E.
dana
Messages : 5472
Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: savoir dire non :)

Message par dana »

perfect christophe. C'est tout à fait ça.

cela dit c'est une maladie, j'en ai reçu un second cet après midi, d'une autre boîte (do,nt je tairais encore le nom) :
Bonjour ,

Je m'appelle xxxxxxxxxx et je vous contacte en tant que directeur
artistique de xxxxxxxxxxx

Believe est une structure composée de professionnels de la musique qui s’est
associée aux principaux distributeurs en ligne : VirginMega,Napster,
iTunes, MSN Music... et qui vous propose de distribuer vos oeuvres via ces
plate-formes, de les promouvoir en les mettant en avant et d'aider votre
développement.

Concrètement, nous nous engageons à vos côtés pour :

• Digitaliser, encoder et mettre en ligne vos oeuvres sur les plateformes de
téléchargement légal, tous les frais engagés étant à la charge de xxxxxxxxxx
qui vous reverse jusqu’à 70 % du revenu brut;

• Faire connaître, promouvoir et exposer votre musique auprès du public et
de nos partenaires media : distributeurs, magazines, radios, principaux
sites et blogs en France et à l’étranger;

• Accompagner votre développement en vous aidant à obtenir plus de
visibilité auprès des maisons de disques, éditeurs, tourneurs,
professionnels de la musique avec lesquels xxxxxxxxx est en étroite relation.

Si vos œuvres sont déjà distribuées physiquement, xxxxxxxxxxxx vous permet
d’accéder à la distribution numérique en vous apportant une nouvelle source
de revenus. Pour vos œuvres non disponibles sur support physique, xxxxxxxxx
vous apporte tout simplement un nouveau moyen de les exposer.

Voici quelques uns des artistes ou des labels dont nous distribuons, soit une
sélection de titres,soit l'intégralité du catalogue (directement ou en
collaboration avec Digital Rights Agency) :
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Si vous souhaitez en savoir plus, n'hésitez pas à nous contacter :
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx


A bientôt.
anar-seed
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Inscription : 07 déc. 2004, 11:25

Re: savoir dire non :)

Message par anar-seed »

même moi avec mes 3 prods pourraves et mon chti site web auto-hébergé sur adsl je suis assailli !!!
c'est bien simple, les seuls qui utilisent la rubrique contact pour m'envoyer des commentaires, ce sont des sites web me promettant plein de sous (moyennant parfois un abonnement payant lol!). Comme ils démarchent en masse, ils ne prennent que la peine d'un c/c anonyme : pas d'illusion, ces messieurs n'ont tres probablement écouté aucun des morceaux dispo...


---
copyright sucks
after878
Messages : 10
Inscription : 28 juin 2005, 22:13

Re: savoir dire non :)

Message par after878 »

Ce genre de proposition s'inscrit tout à fait dans la logique d'un système contre lequel je me bats, qui tend à multiplier les intermédiaires, donc les coûts et les intérêts.
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. même si dans le fond (vente via le net) je suis contre, mais malheureusement les petits labels n'ont pas trop le choix. Bref.

Quand tu dit que tu te bats contre les intermédiaires etc etc..... il faut savoir qu'ils font eux aussi parti de l'économie. Et que si tu ramènes tout de ton côté, ça se cassera la gueule. Et si tu laisses tout de l'autre côté, ben ça sera pareil.
Par contre si tu équilibres, là ça peut le faire.
Après si tu as du temps ou pas une thune (ou les 2), c'est sûr que ton intermédiaire ne sert à rien.

Je te donne juste mon avis, je ne suis pas dans ce biz là, je m'interresse juste au sujet.

Et en fait si je suis venu sur ce topic, c'est le titre qui m'a plu.
Savoir dire non
Je crois que c'est bien aussi de se battre, contre le TOUT internet.
Nous sommes en train de tout balancer là dessus, non cartes bleues, nos ribs, etc..... ça commence à aller loin.
Et le problème est que dans ce sens, au niveau de la musique, et bien rien n'ira mieux.
Faut pas rêver.
C'est sûr ça limite les intermédiaires (ça aussi) , mais bon faut penser au reste de la chaîne aussi de temps en temps. Rien n'est simple (comme qui dirait)
Internet n'est pas la seule solution.
Chaque ville a ses petits disquaires courtisés par les gens qui aiment la musique, et moi, je préfère me battre pour les deux maillons de la zique (musiciens, et distrib) . Si l'un des 2 galère, ça joue sur l'autre.
Et si ton magasin ne veut pas de tel ou tel disque, c'est qu'il pense peut être trop au loyer à payer de ses 200M².


En plus il y a un truc vachement dangereux (quand je vois toutes ces demandes de dons de Sons à des sociétés chelou), c'est qu'il vous piquent votre son et le revende à leur nom ou sous un pseu, et qu'il balance ça sur des compil' à 4 francs 6 sous, yen a qui le font, alors faisez gaff !!

Sur ce,

bonne continuation ;)
dana
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Inscription : 24 juil. 2004, 14:55

Re: savoir dire non :)

Message par dana »

sans les artistes qui font des chansons
les intermédiaires perdraient leur boulot
c'est ainsi
un jour je voudrais qu'on me donne des chiffres :
à savoir
quel est le revenu moyen d'un musicien en france (je parle de tous les musiciens, y compris ceux du dimanche pour reprendre l'expression labellisée sacem) ?
quel est le revenu moyen d'un intermédiaire (radio, presse, programateur, institutionnel, technicien, presseur, agent artistique, employés d'une société de gestion des droits d'auteur, patron de major ou employé, etc.. etc.. etc...) ?
juste pour savoir...
ET combien coûte l'Opéra Bastille à l'année ? Combien coûte une campagne de pub contre le piratage ? combien coûte l'IRMA ? Combien coûte les colloques organisés par le ministère du cul pour réfléchir à l'avenir des musiques actuelles ?
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bituur
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Re: savoir dire non :)

Message par bituur »

oh, mon cher, à la louche c'est assez vite fait :

>>quel est le revenu moyen d'un musicien en france (je parle de tous les musiciens, y compris ceux du dimanche pour reprendre l'expression labellisée sacem) ?

moins que le smic

>>quel est le revenu moyen d'un intermédiaire (radio, presse, programateur, institutionnel, technicien, presseur, agent artistique, employés d'une société de gestion des droits d'auteur, patron de major ou employé, etc.. etc.. etc...) ?

(beaucoup) plus que le smic

>>ET combien coûte l'Opéra Bastille à l'année ? Combien coûte une campagne de pub contre le piratage ? combien coûte l'IRMA ? Combien coûte les colloques organisés par le ministère du cul pour réfléchir à l'avenir des musiques actuelles ?

beaucoup beaucoup de sous.. campagne des 14 pleureuses (Renaud Zazie etc) par ex. on a parlé d'un million d'euro..
dana
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Re: savoir dire non :)

Message par dana »

j'ai, lu quelque part que le budget annuel de l'opéra bastille équivallait à la totalité du budget consacré aux musiques actuelles (pop, rock , jazz, trad, folk, electro etc..)
dana
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Re: savoir dire non :)

Message par dana »

vous savez combien ça coûte une place à l'opéra bastille ?
du coup on va dire, oui mais la musique classique a besoin d'aide
et nous on peut crever la bouche ouverte ?
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bituur
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Re: savoir dire non :)

Message par bituur »

nan, ferme la bouche, ça sera plus digne :twisted:
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