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Les licences libres comme un antidote au rêve américain

[si vous avez manqué l'épisode précédent...]

Je poursuis un peu par ici la discussion entamée par là, où on s'est retrouvés à parler un peu de création, des façons d'aborder ça... et de ce que les licences libres nous avait inspirés, à ce sujet.

[...]

And so @Ladee, oui, pour le rêve américain, en résumé, je dirais... assumer la création ex-nihilo, c'est ce qui permet de justifier qu'une personne mérite. Et le rêve américain, d'une certaine manière, c'est la réussite donnée à ceux qui la méritent.

Le rêve américain dit que toute personne qui a suffisamment... quoi... la "gniaque" (ou un truc comme ça) peut réussir. Macron nous en a fait une traduction française y'a pas longtemps : c'est même facile, suffit de traverser la rue. C'est une question de volonté personnelle. Tout dépend de notre capacité, à chacun seul, de faire notre vie, comme on l'entend.

Dans le rêve américain, la réussite ne dépend surtout pas des relations, de la famille, du milieu dans lequel on grandi ni des choses, d'une manière générale, qui nous inspirent et nous meuvent... Dans le rêve américain chaque personne, prise séparément, est en quelques sortes elle-même à l'origine de son existence... Et il faut croire en ça si on veut pouvoir dire qu'une personne mérite, si on veut pouvoir justifier qu'untel a réussi et pas l'autre. L'un parce qu'il a réussi à créer "ex-nihilo" les conditions de sa réussite, l'autre parce qu'il a juste pas eu assez de volonté.

C'est une manière de nier l'influence des classes sociales. Ainsi l'enfant né dans une famille aisée et qui réussi, ne réussi que parce qu'il le mérite, lui. Rien à voir avec le soutient de la famille, avec l'aide des connaissances, avec un milieu serein qui permet d'être disponible, etc. C'est une vision des choses assez pratique, parce qu'elle marche aussi dans l'autre sens. Un enfant né dans une famille modeste qui échoue, n'échoue que parce qu'il n'a pas su, lui, faire un truc suffisamment méritant. Et cerise sur le pompon, ça donne aussi espoir. Tout le monde peut vivre son rêve américain (et donc devenir riche). Suffit de s'y coller. Après ça se déplie derrière aussi sous forme de sentiments plus ou moins hostiles vis à vis des "assistés", des "profiteurs"... tous ces gens qui s'y collent décidément pas, tous ces fainéants... Mais aussi dans l'autre sens, avec des envolées admiratives de personnes tellement exceptionnelles, ces vrais créateurs (de richesse), ces bienfaiteurs de l'humanité, ces héros... enfin vous connaissez la musique ;)

Appliquer l'idée des licences libres là-dedans, ça revient à remettre en avant le fait que ce qui émerge ne vient jamais de nulle part via l'opération courageuse d'un individu isolé. Ce qui émerge vient d'abord de l'extérieur, puis a été appris, vécu, intégré... avant de ressortir sous une forme ou une autre. Les licences libres ne remettent pas vraiment en cause le mérite lui-même, mais son origine. Le rêve américain tient du moment qu'il arrive à placer cette origine sur l'individu. On peut voir les licence libres comme une sorte de hack dans la philosophie du self-made man.

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