nitromthe wrote :
Facile de faire du fric quand la matière première est si importante et qu'elle ne coûte rien...
oui
je crois qu'il y a là un problème éventuel pour nos chers licences de libre diffusion
en discutant avec le boss de Virgin-Mega FRance, à côté de qui j'étais assis lors du colloque sur les médiathèques le mois dernier, j'en ai pris conscience :
le mec de Virginmega paye les droits sacem
Comme le dit nitromthemetronome les oeuvres sous licence libre ne coûte rien en droits d'auteur.
Si une plate-forme de musique "libre" se finance en faisant de la publicité, peut-on dire pour autant qu'elle tire un bénéfice commercial de l'utilisation de musiques sous licence de libre diffusion ?
On en revient finalement au débat maintes fois réitéré sur ce forum :
que signifie et comment INTERPRETER la clause non-commercial des licences CC ?
C'est vraiment le talon d'Achille des CC cette clause à mon avis. On n'a pas fini de se prendre le chou à ce sujet
Le problème de la publicité ne devrait en principe poser aucun problème aux auteurs qui ont choisi un contrat autorisant a priori les usages même commerciaux (par exemple la Licence Art Libre
Par contre; ceux qui ont choisi une licence avec clause non-commercial doivent à mon avis se positionner de ce point de vue.
Et là je crois qu'on doit voir au cas par cas. C'est mon point de vue personnel maintes fois évoqué sur ce forum. Dans le cas de Jamendo, mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, présents et à venir, il est évident que leur activité est toute entière centrée sur l'usage de musiques de libre diffusion. C'est leur objet principal, leur matière première. En échange de l'usage de ces oeuvres, ils rendent un service aux auteurs : exposition de l'oeuvre, mises à disposition de divers outils promotionnels, favorisation de communauté autour de l'oeuvre etc..
Comme ils existent sous forme de SARL, ils doivent bien trouver des revenus : je me suis toujours demandé comment ils s'en sortaient d'ailleurs (mon avis est qu'ils doivent pas mal galérer). La recherche de sources de financements comme la publicité me semble tout à fait logique commercialement : il n'y a pas trente-six manières de récupérer des sous dans ce bizness, quand on a pris le parti de ne pas faire de téléchargement payant.
Comment se positionner en tant qu'auteur sous licence "non-commercial" vis-àvis de Jamendo ?
Hé bien, à mon humble avis, il faut voir si le service rendu par Jamendo est satisfaisant. L'est-il au point de les autoriser à faire de la publicité tout en utilisant mes morceaux ?
C'est à chacun de juger.
nitromthemetronome dit :
"Pour ma part, la soi-disant visibilité des artistes que JAm met en avant pour me dire que je devrais avoir honte de cracher dans la soupe, je rigole doucement...ce genre de plateforme ne se sert du contenu que pour générer du flux qui sert à faire payer de l'annonceur, d'ailleurs sur Jam, tout n'est que chiffre."
Sa position est donc claire (dis moi si je me trompe

: il ne pense pas que le service rendu justifie l'usage de publicité.
C'est là une réflexion économique, qui flirte avec une interprétation juridique.
Pour ma part, je n'ai pas di'dées particulmières au sujet de la qualité su dervice rendu par Jamendo. Mon premier album, publié sous le nom de Tino, a été un des premiers enregistré sur cette plate-forme, et comme je m'en suis désintéressé assez vite (autant de l'album que de jamendo) je ne peux pas juger de l'apport réel de cette plate-forme.
Si je vire ce disque de Jamendo, c'est comme je l'ai dit, pour des raisons "psychanalytiques"

J'ai un problème avec l'argent, ces trucs là.. ET disons que ma musique est assez diffusée comme ça. ça me suffit.
nitromthemetronome écrit :
Je crois à la débrouille, à l'auto gestion, au développement de sa propre plateforme sans aucun intermédiaire, internet le permet.
moi aussi

mais j'adore MLO aussi et les micro labels comme another ou unique
pour confirmer ce que tu dis, j'ai là un exemple très proche de petrit miracle quasiment sans aucune promotion : mon amie delphine dora va sortir un disque aux états unis alors qu'on a fait que de la promo maison (un mini site web, les morceaux sur archives.org, un scud publié sur MLO, un message sur notre audioblog "songs to the sirens")*
En quelques mois, elle a reçu des messages du monde entier (de st-petersbourg à Chicago), et là elle enregistre de nouvelles musiques cet été.
Ce qui est intéressant dans cet exemple, c'est qu'on n'a pas suivi les règles habituels de promotion (envois aux médias, aux webzines, mailing etc..). ET que les contacts qu'elle a eu sont autant de
rencontres. (et ça donne lieu à des échanges de disques des trucs comme ça)
C'est important ça : la
rencontre.
On ne recontre pas un consommateur, on rencontre un mélomane, et éventuellement un ami.
ça me fait penser à ce que je notais dans un post plus haut concernant la différence entre l'échange dans un cadre amical et l'échange dans le cadre du marché.
ça n'est tout de même pas la même chose.
Je ne dis pas que le marché c'est mal etc..
pas du tout
je dis qu'il existe d'autres manières de faire, qu'on peut se passer entièrement du cadre du marché dans le cadre de l'art (surtout quand on n'a rien à vendre) :
il y a des auteurs qui se sentent mieux dans un environnement non-mercantile (moi par exemple j'ai mis 5 ans à me rendre compte que je me sentais mieux comme ça, sans vendre les choses que je crée) - je parle pas du marché en général (à moins de vivre seul sur une île deserte en autonomie complète je vois mal comment on pourrait vivre complètement hors du marché), mais du marché de l'art comme on dit.
Il faut respecter cette sensibilité là je crois. ET aussi respecter ceux qui au contraire veulent toucher des rémunérations en échagne de la consommation de leurs oeuvres.
Pour Jamendo donc, à chacun de juger s'il est satisfait ou pas.