je note juste cela
mille fois ouil'erreur en fait me semble être de considérer une chose indépendemment de la relation qui lui donne sens
on pose d'abord des entités : le spectateur, l'auteur, l'oeuvre
et après on est emmerdé parce qu'on n'arrive pas plus à penser leur relation
alors que
la relation est première
c'est un peu la croix de Descartes ça (que je respecte beaucoup d'ailleurs) :
si on commence, pour de bonnes raison, à séparer l'esprit et le corps (ou plutôt : "l'étendue"), ben après on est emmerdé pour penser leur relation. Parce qu'on ne peut pas nier qu'ils sont bien tout de même dans un certain rapport
alors DEscartes inventent les esprits animaux par exemple pour relier les deux (vous trouverez ça notamment expliqué d'une manière très touchante dans les lettres à Elisabeth, je vous donne la référence si vous y tenez)
Pareil chez Leibniz : la monade pur esprit c'est pas con, mais comme elle n'a ni portes ni fenêtres, hé bien! il faut bien tout de même rendre compte de la relation avec l'étendue, la matière, l'espace etc..
Alors il invente cette chose magnifique, et méconnue : le vinculum substantiale, traduisons : le véhicule de la substance, ce qui fait que de l'esprit on devient incarné.
C'est très beau, c'est le verbe, le langage, le logos, le signifiant
bref
faut bien que ça cause
ouffffffffffffffffff
bref
je suis mille fois d'accord avec toi
la relation est première
tu devrais lire du Bruno Latour mon cher
C'est une des choses qui m'excitent le plus en ce moment
essayer de penser la relation d'abord, que les choses qu'on marque comme essence ou sujets n'existent que dans la relation
ce n'est que par "purification" intellectuelle (pour reprendre Latour) qu'on construit des concepts. Et on oublie la relation et on croit que les concepts existent réellement. Dans un sens oui : le concept a un effet (si tout le monde croit qu'il existe quelque chose comme des oeuvres, des auteurs, indépendantes des relations qui les constituent, alors on peut dire que ça existe dans la croyance et l'effet de cette croyance dans la réalité)
C'est la raison pour laquelle je DESTESTE l'administration : parce qu'elle a pour but de rendre réel des idées en les purifiant des relations dont elles sont issues.
Bref, je suis définitvement du côté d'Heraclite contre Parménide.
(NB : c'est un problème réel, pas seulement philosophique : ainsi dans ma spécialité, la psychanalyse, on part de la relation, on appele ça le transfert : rien ne se passe en dehors du transfert entre la personne et l'analyste. Dans les thérapies comportementales ou dans la neuromachin truc on considère au contraire qu'il y a d'abord deux MOI, dont un est naze, et il faut essayer de réparer celui qui est naze (sous-entendu, le moi du thérapeuthe est sain) : du coup ou bien on nie le transfert, on l'oublie, ou bien on est dans la merde et on prend le patient pour un con. )
L'angoisse d'aujourd'hui :
que les choses (y compris nous-mêmes pour autant que ça signifie quelque chose) se perdent dans la relation
La vérité :
nous sommes déjà perdus
[et c'est très précisément ce qu'on appele vivre, et c'est très bien)