Je voudrais revenir sur un point soulevé plus haut par Dana.
dana a écrit :@incaudavenum
Ce qui me gène dans la question en fait c'est le "on"
qui ça "on" ?
QUI « doit » ou « considère qu'il est de son devoir de » faire quelque chose de ces gens là ?
L'association Musique libre.org ? Une autre structure ? l'État ? La Sacem ? Une société de gestion des droits spéciale ?
(de mon point de vue comme je l'ai dit à mult reprises, j'aime tout le monde, je fais des bisous à tout le monde, je trouve tout ça hyper cool, la sacem, pas la sacem, le libre + la sacem, le libre tout seul etc.., tout ça est cool, MAIS j'ai pas envie de "m'occuper de tout le monde", et ne me sens porté pat aucune nécessité spéciale éthique ou pas, à m'occuper de tout le monde.. )
Le "on", pour moi, c'est évidemment l'association Musique Libre ! élargie à ses éventuels compagnons de route (j'entends par là les gens qui se retrouvent, notamment sur ce forum, dans une vision éthique — non purement opportuniste — de la musique libre).
Maintenant, est-ce que je "nous" demande de "nous" occuper de "ces gens-là" (ceux qui verraient d'un bon oeil une combinaison possible de libre diffusion et de gestion collective pour les diffusions commerciales) ?
Pas au sens où tu sembles l'entendre Dana.
Par exemple, je ne demande pas à l'asso de phosphorer encore et toujours sur la rémunération des artistes. AU CONTRAIRE : je pense qu'une telle combinaison "nous" permettrait enfin de ne plus avoir à parler du tout de cette question, et de "nous" recentrer sur nos vraies valeurs (telles qu'elles figurent déjà en grande partie dans les statuts de l'asso) : le partage des connaissances, la mise en commun des biens culturels, la mutualisation des ressources, la communication directe (à échelle humaine) entre les auteurs et les mélomanes, les collaborations artistiques...
Les questions de perception de droits seraient laissées à l'organisme collectif chargé de cela (à charge pour les adhérents de cet organisme de veiller à une juste répartition), et les modèles de contrat et les aides juridiques sur lesquelles planche Eisse, par exemple, seraient toujours disponibles pour les partisans de négociation de gré à gré. Les auteurs mécontents de leur rémunération dans le système capitaliste pourront toujours alors défendre leurs intérêts par le biais d'un syndicat, ou en s'appuyant sur la puissance collective, ou en organisant des mondanités avec des élus, ou en s'immolant par le feu.
L'asso, elle, n'aurait plus du tout à s'en occuper, ce qui devrait te réjouir.
Or, la combinaison gestion collective pour les diffusions commerciales / libre diffusion auprès des mélomanes est actuellement impossible car :
— la SACEM refuse de redéfinir la notion de commercialité et interdit (en principe si ce n'est dans les faits) à ses adhérents de pratiquer la libre diffusion.
— Mes propres petits camarades du monde de la musique libre imposent à chacun de choisir son "truc" : gestion collective ou gestion individuelle, sinon je tire. Pas d'autre voie possible.
Chacun campe sur son dogme : la SACEM a ses traditions. Musique Libre ! a ses statuts, son esprit originel...
Mais je trouve personnellement que ce clivage individuel/collectif n'est pas (ou plus) pertinent.
N'étant pas adhérent de la SACEM, je ne peux pas influer sur celle-ci de l'intérieur. Mais je suis désormais un vieil habitué de Dogmazic quoiqu'un adhérent de fraîche date à l'asso (à laquelle j'ai adhéré seulement après avoir demandé publiquement si ma position hérétique sur la notion de "gestion individuelle" inscrite dans le dogme ne rendait pas mon adhésion impossible ; c'est Eisse et toi, Dana, qui m'avez d'ailleurs convaincu de tenter finalement l'aventure).
Tu souhaiterais, si j'ai bien compris, que l'asso ne s'occupe absolument pas de "ces gens-là", qu'il n'est absolument pas de son devoir de "faire quelque chose" à ce sujet.
Pourtant, au moins deux membres du collège musiciens de l'asso, dont un fraîchement élu au CA, semblent se soucier de "ces gens-là".
Et la SACEM elle-même a semblé s'intéresser, au moins superficiellement, à ce que l'asso Musique Libre ! pouvait avoir à dire. Même si la SACEM est encore à côté de la plaque et ne comprend rien (ou ne veut rien comprendre) à la musique libre, il y a une opportunité pour l'association de faire entendre sa voix. Je souhaite que l'association "nous" représente, dans notre diversité, et j'aimerais à cette occasion que la position autour de la clause NC soit mise en avant au même titre que celle des autres tendances. Je pense aussi que nos différentes tendances ont tout de même des points de convergence (parfois masqués par les
a priori ou les simplifications abusives du discours de l'autre) et que ces points-là, au moins (par exemple le refus de licences ouvertes réduites à une vocation promotionnelle) doivent être défendus. Dans les discussions en cours avec certaines institutions, l'asso ne peut rester simple observatrice et ne doit pas laisser les gens de CC, SARD, Qwartz et je ne sais quoi s'exprimer seuls au nom du libre.
Je souhaite au contraire que l'asso défende "notre" point de vue (synthèse de l'esprit d'origine insufflé par les fondateurs de l'asso et des apports plus récents), et que celui-ci prenne en compte, au moins sous forme d'hypothèse minoritaire, la position qui est la mienne.
C'est un peu plus compliqué que "chacun son truc", mais ça me semble légitime.