ChristopheE a écrit :@Dana, Aisyk et Sam:
Quelle aurait du être la vocation d'une association comme musique-libre...
Oui, je sais c'est facile, mais je crois que cela coule de source, enfin qu'en on a eu la grande chance de côtoyer un brin les trois fondateurs.
La vocation est forcément fédératrice et ouverte à bien des "sensibilités", mais historiquement cela ne s'est pas fait parce que dans le libre comme ailleurs "chacun veut faire la sienne" afin de pouvoir "tirer la couverture à soi" plus vite que le voisin.
Donc quand on lit attentivement les objets de l'asso, presque tout y est (dans ce que devrait être...):
- soutenir et promouvoir la création et l’exploitation musicale indépendante dans le cadre des licences libres et ouvertes
- militer pour la gestion individuelle des droits d’auteur auprès des sociétés civiles, organisateurs de spectacle, labels et diffuseurs
- informer les artistes et le public sur les modes émergents de diffusion et d’exploitation des œuvres musicales à l’ère numérique et sur l’économie qui en découle.
- Défendre et représenter, à la hauteur de ses ressources et possibilités, l’ensemble de ses adhérents.
Il n'est donc point besoin de syndicat, de société de machin, de groupement de truc.
Il y avait, il y a et il y aura (longtemps j'espère) cet "outil", là, à portée de main qui s'appelle association musique-libre! et que personne dans le libre (au sens le plus large du terme) n'a voulu utiliser, porter, se joindre à, depuis 2004 pour des raisons diverses et variées de petits intérêts usuels des uns et des autres. (et la liste est trop longue).
En espérant, un peu trop naïvement, une fois de plus, qu'il sera mieux utilisé dans les années à venir grâce à sa récente transformation, mutation interne. (mais j'en doute un peu quand même pour le moment).
Il est je pense compliqué de tenir ce discours compte tenu de nos engagements passés. LA, la SARD, sont autant de projets qui ne visent qu'un seul et unique but, trouver des solutions à la rémunérations des auteurs. Seuls les Automazic sont dans une lignée, je dirai, "historique" de l'association, les formations rentrent aussi dans ce cadre.
Les "outils" ne sont pas neutres ils contiennent en eux une certaine vision des choses et pour leurs inventeurs, une certaine idée de leur utilisation. Peut être que effectivement, l'association ou toute sa puissance de réflexion se sont fourvoyés dans une vision quasi-exclusive de "recherche de rémunérations des auteurs"...
incaudavenenum a écrit :Dans le monde tel qu'il est, la "gestion individuelle", ou même la "cession de gré à gré", c'est juste un fantasme.
Je comprends ton intervention. Un auteur, seul, face à un magasin, une entreprise lambda qui voudra utiliser une de ses œuvres n'aura de cesse de devoir plaider la légitimité de sa cause auprès d'un pouvoir beaucoup plus puissant que lui (et avec tous les abus que l'on imagine). Historiquement, les intermédiaires sont des négociateurs, la Sacem est une négociatrice (aujourd'hui auprès de Youtube et consors...). Mais ils sont devenus les pierres indispensables à toute "rémunération artistique", les rouages nécessaires en créant par eux-mêmes les mécanismes qui les inclue et les rend incontournables.
La culture libre vient un peu casser cette "indispensabilité" de ces intermédiaires en les questionnant et en questionnant aussi les auteurs sur ces intermédiaires, leur place, leur légitimité. Et au fond, cela est déjà un pas important. Pas tous les intermédiaires réfléchissent avec la même grille de lecture, mais ils avancent un peu sur la question. Et nous, nous nous devons d'avancer sur les thématiques essentielles de la culture libre, le partage, les créations collaboratives, les biens communs, l'expression artistique...
"Cultures par tous" est un slogan, un outil intellectuel pour permettre à des événements d'être identifiables facilement par ceux pour qui internet n'est fait que d'ipod et de facebook.... pour ceux pour qui la culture se résume au théâtre et à la danse, pour ceux pour qui la culture se résume aux seules créations qui émergent médiatiquement...
À mon sens Musique Libre, dans sa vocation première, se doit de poser ces questions, formant et informant ces acteurs, plutôt que de prendre position en faveur d'une gestion de droits, car, oui, les outils sont politiques.