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La valeur marchande de la musique

Discussions sur ce qui se passe dans le monde de l'industrie du disque.
glue
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Re: La valeur marchande de la musique

Message par glue »

incaudavenenum a écrit :
glue a écrit :Les artistes se mettent en syndicat et défendent leurs droits, négocient et les accords qu'ils concluent avec les professionnels ne peuvent être inférieurs à ce que prévoit la loi.
Dans mes bras ! C'est beau comme du Méluche, ce que tu dis là.
Oui, hein. C'est l'éducation populaire que ça s'appelle, ça donne des arguments mieux structurés :)

Decay, on parle d'un contexte autre que celui d'aujourd'hui où les artistes se sont regroupés et où l'idée de gérer ses droits seul face aux professionnels est entré dans les moeurs et a été compris. Dans le contexte actuel où c'est la concurrence de tous contre tous, effectivement ça n'a pas de sens :)

Mais avec une prise de conscience et pas mal de pédagogie, c'est possible, nos ancêtres qui ont fait la Révolution et ont obtenu le droit d'auteur contre les éditeurs l'ont fait, alors pourquoi pas nous ?
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dj3c1t
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Re: La valeur marchande de la musique

Message par dj3c1t »

glue a écrit :lorsque je vends ma musique à un restaurant, je ne lui vend pas un objet mais un moyen, celui de créer une ambiance et de faire du profit. Ca c'est logique et il est normal que l'auteur soit correctement rémunéré.
c'est précisément sur ce point que nos avis diverges, je pense. Je ne vois personnellement rien de "normal" dans cette rémunération. Dans le sens où ce n'est pas quelque chose qui va de soi. C'est un choix.

Je ne suis pas là pour débattre de la validité de ce choix.
Je précise aussi que je trouve ça bien que la loi donne la possibilité aux auteurs de faire ce choix s'ils le souhaitent. Mais je ne cautionne absolument pas l'obligation d'y adhérer.
incaudavenenum a écrit :
dj3c1t a écrit : Publier sur Internet contribue, quel que soit le contexte, à rendre Internet plus attractif est constitue donc un atout commercial pour les FAI.
Faut peut-être pas pousser jusqu'à l'absurde non plus. Sinon, on peut aussi bien dire que jouer de tel ou tel instrument contribue à rendre cet instrument plus attractif et constitue donc un atout commercial pour les fabricants d'instruments.
ça dépend qui en joue, hein :D
mais en gros c'est l'idée, oui.
et c'est la même chose qui se passe avec une diffusion dans un restaurant. la différence, c'est que sur Internet par exemple, c'est super dilué et donc beaucoup plus difficile à gérer. Mais enlève les contenus d'Internet et tu te retrouve avec une infrastructure de tuyaux débiles. Aucun intérêt. Je te garanti que le forfait des FAI serait bien moins élevé.

Il s'agit donc bien de choix. On va décider que telle utilisation est "commerciale" et pas telle autre. Sur l'idée, ça me gène pas. Je trouve que c'est même un aspect très intéressant de la NC. Mais comment peut-on légitimement décider, pour tout le monde, ce qui doit être considéré comme commercial ou pas ? C'est là que je décroche complet.
glue
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Inscription : 15 févr. 2012, 12:30

Re: La valeur marchande de la musique

Message par glue »

dj3c1t a écrit :
glue a écrit :lorsque je vends ma musique à un restaurant, je ne lui vend pas un objet mais un moyen, celui de créer une ambiance et de faire du profit. Ca c'est logique et il est normal que l'auteur soit correctement rémunéré.
c'est précisément sur ce point que nos avis diverges, je pense. Je ne vois personnellement rien de "normal" dans cette rémunération. Dans le sens où ce n'est pas quelque chose qui va de soi. C'est un choix.

Je ne suis pas là pour débattre de la validité de ce choix.
Je précise aussi que je trouve ça bien que la loi donne la possibilité aux auteurs de faire ce choix s'ils le souhaitent. Mais je ne cautionne absolument pas l'obligation d'y adhérer.
Okay, pourquoi pas. Laisse-moi te poser une question alors. Tu bosses dans une entreprise, un jour ton patron vient te voir et te dit que tu dois baisser ton salaire de 50% parce qu'il a trouvé quelqu'un qui a accepté de bosser pour 50 % de ton salaire. Est-ce que tu considères que le type qui accepte de bosser pour 50 % de ton salaire a le droit moral et le choix de faire cela ?

La question n'est pas la question du choix mais celle de l'intérêt général. Est-ce qu'accepter de travailler pour rien fait du bien au collectif et fait du bien à la personne en retour ? C'est la question.

Je me suis déjà retrouvé dans ce genre de situation où je ne pouvais pas jouer dans un bar selon mon tarif pour rentrer dans mes frais parce que justement d'autres avant moi avaient accepté de jouer pour rien. Il existe pourtant des barêmes auxquels tout le monde peut se référer pour un cachet. Mais là aussi la soi-disant liberté de chacun de pouvoir faire n'importe quoi a un impact sur ma liberté à moi de pouvoir, non pas faire du profit mais ne pas être de ma poche quand je joue plus loin qu'un kilomètre de chez moi.

Donner un morceau à un particulier, c'est normal, le particulier ne va pas gagner d'argent avec, donner ce même morceau à un professionnel pour qui c'est un moyen de faire du profit, non, il n'y a aucune raison.
dj3c1t a écrit :Il s'agit donc bien de choix. On va décider que telle utilisation est "commerciale" et pas telle autre. Sur l'idée, ça me gène pas. Je trouve que c'est même un aspect très intéressant de la NC. Mais comment peut-on légitimement décider, pour tout le monde, ce qui doit être considéré comme commercial ou pas ? C'est là que je décroche complet.
C'est toujours le même argument, on ne saurait pas faire le distinguo entre ce qui est commercial et ce qui ne l'est pas.

Quand tu passes en caisse, tu tentes ta chance à chaque fois ?
Ce qui est commercial est ce qui engendre une transaction financière entre plusieurs personnes.
Quand tu achètes une paire de chaussure, c'est une transaction commerciale. La musique diffusée dans le magasin fait partie de l'habillage sonore du magasin, c'est de la déco comme les étagères, c'est bien une utilisation commerciale de la musique. Si ce n'est pas le cas, alors ils peuvent se passer de diffuser de la musique dans leur magasin, sinon, c'est bien que la musique contribue à la vente.

Quand un site web utilise la musique comme produit d'appel pour faire du flux qui sera ensuite valorisé pour faire rentrer des recettes, c'est une utilisation commerciale.

Quand une asso 1901 utilise la musique lors d'un spectacle de fin d'années pour faire rentrer de l'argent dans ses caisses, il y a une utilisation commerciale de la musique. Mais on peut très bien, définir une utilisation commerciale éthique pour les assos.

Par exemple si l'asso a pour objet l'entraide, l'insertion, la défense des consommateurs ou des particuliers, la préoccupation écologique, etc, il est possible d'adapter la rémunération de l'auteur en allant de rien à x% du montant légal. Ca peut se définir facilement avec une charte par exemple, sur laquelle s'engagent tous les adhérents d'une structure.
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dj3c1t
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Re: La valeur marchande de la musique

Message par dj3c1t »

Quand tu passes en caisse, tu tentes ta chance à chaque fois ?
bien rival / non rival
c'est très différent
Quand tu achètes une paire de chaussure, c'est une transaction commerciale.
Quand je paye mon FAI aussi
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incaudavenenum
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Re: La valeur marchande de la musique

Message par incaudavenenum »

dj3c1t a écrit :
Quand tu passes en caisse, tu tentes ta chance à chaque fois ?
bien rival / non rival
c'est très différent
Quand tu achètes une paire de chaussure, c'est une transaction commerciale.
Quand je paye mon FAI aussi
Et alors ?
Rival, non rival, kenenanafoutre ?
C'est prendre le problème par le mauvais bout.
A l'autre bout : un auteur, qui n'est pas obligatoirement interprète, et qui ne peut se faire rétribuer pour son travail de composition qu'en prélevant une redevance sur les utilisations commerciales. C'est le moyen le plus juste dans une économie de marché. Si on veut s'attaquer à la notion même de propriété et à l'économie de marché, ok, commençons par là où sont les vraies forces capitalistes : la finance. Après, il sera temps de s'occuper du terrible auteur-tyran qui opprime les coiffeurs et les restaurateurs.

Quant au FAI, tu pousses le raisonnement à l'extrême. Ce ne sont pas les FAI qui demandent que de la musique soit mise en ligne, et je me souviens d'un temps (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) où il il n'y avait quasiment pas de musique sur internet...
Enfin bon, moi, je veux bien qu'on prélève une taxe sur les abonnements, mais ce sera juste impossible à redistribuer équitablement, donc il est vain de phosphorer là-dessus. Et puis, ce n'est pas directement de notre ressort mais de celui du législateur. Alors que sortir les licences libres du marché, où elles ne jouent qu'un rôle antisocial, c'est tout à fait à notre portée, du moins à la portée de ceux qui sauront s'organiser collectivement pour cela.
glue
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Re: La valeur marchande de la musique

Message par glue »

dj3c1t a écrit :
Quand tu passes en caisse, tu tentes ta chance à chaque fois ?
bien rival / non rival
c'est très différent
Je te disais ça par rapport à ta phrase comme quoi il te semblait difficile de déterminer ce qu'était une utilisation commerciale. Une utilisation commerciale n'a rien à voir avec la notion de bien rival et non rival.

Cette histoire de bien rival/non rival n'a de sens que lorsque qu'on arrive à l'utilisateur final, c'est-à-dire celui pour qui la musique est une fin, pas un moyen.
Pour un professionnel, la musique sert à faire autre chose que simplement l'acquérir pour l'écouter. C'est un moyen d'augmenter son profit, un moyen de gagner sa vie. le bien peut donc être non viral que ça n'a aucun rapport. Un slogan aussi est un bien non rival, une pensée mise sous la forme d'une suite de mots, il n'empêche que le professionnel ne commande pas un slogan pour avoir une suite de mot mais pour avoir un moyen d'obtenir autre chose. Il ne paie donc pas pour une phrase choc ou une typo mais pour une idée qui va lui permettre de gagner une élection, par exemple.
La musique chez le coiffeur, c'est un moyen, pas une fin. La musique chez moi, c'est une fin, même si c'est pour détendre mon chien quand je ne suis pas là. Je ne gagne rien avec. Il est donc normal que je perçoive en tant qu'auteur une rémunération.
dj3c1t a écrit :
Quand tu achètes une paire de chaussure, c'est une transaction commerciale.
Quand je paye mon FAI aussi
Tu ne paies pas ton FAI pour écouter de la musique. Ce n'est pas lui qui crée des sites Web qui mettent de la musique en streaming, pas plus que ton navigateur Web ou ton pote qui te file un lien vers tel ou tel site. Ton FAI gagne sa vie en te fournissant un service, comme le département te fournit un service en entretenant un réseau routier.

Pour les FAI, il y a autre chose à faire. D'abord briser ce monopole des 4 et permettre un Internet symétrique pour que les internautes soient de vrais fournisseurs de contenus et en finir avec le Web 2.0 et la centralisation des contenus. Permettre l'émergeance de vrais fournisseurs d'accés alternatif et citoyens. Ensuite se servir du P2P pour donner un vrai élan aux échanges non commerciaux de l'information et de l'art dématérialisé en brisant l'un des aspects les plus méprisable du Web 2.0, la collecte et la vente des données personnelles.

Je n'ai pas réponse à tout non plus. Mais je sais une chose, si on cherche des solutions à partir du système tel qu'il existe aujourd'hui, la marge de manoeuvre est beaucoup trop faible et on tombera inévitablement dans les mêmes recettes qui ne marchent pas.

Hors si l'on veut changer les choses, il n'y a qu'un moyen, changer le système.

C'est pourquoi, il faudrait distinguer deux choses qui n'ont rien à voir, les échanges entre les particuliers qui ne doivent pas être sujets à rémunération et les utilisations commerciales qui doivent être beaucoup mieux rémunérées. C'est la que se trouve l'argent, pas dans la poche du consommateur.


Résumons :

Musique à destination du particulier :
échanges gratuits légaux et sans limite, utlisation massive du P2P et fin des plateformes centralisatrices qui coûtent cher.

Musique à destination des professionnels :
transaction commerciale encadrée par la loi permettant aux auteurs de percevoir une rémunération minimum. n'importe qui peut entrer dans cette catégorie, l'encadrement par la loi sort la musique du marché de l'offre et de la demande, ce qui fait que les critères ne sont plus le prix, mais peuvent être, par exemple l'esthétique.

Quand on sectorise l'activité de cette manière on obtient le droit de faire de la musique qui peut être totalement sortie de la sphère marchande. Il suffit juste de ne pas faire de transaction commerciale avec. Et alors la clause NC est claire et sans équivoque.

Et dans le même temps, celui qui crée de la musique à usage non commercial n'est plus en concurrence avec celui qui crée de la musique à usage commercial.

Sectorisation de l'activité de création, identification claire des usages et encadrement de la loi, on obtient une vraie alternative à destination des particuliers à l'art commercial calibré actuel, une vraie rémunération pour les auteurs qui veulent gagner de l'argent avec leurs oeuvres, la fin de la dévalorisation de la création, la fin des intermédiaires parasites et la fin des lois liberticides.
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